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18/10/2018

ALASSANE OUATTARA: LE CHANT DES SIRÈNES S’ESTOMPE


Oui, le langage trompeur qui a séduit bien des ivoiriens, des africains et des citoyens du monde et qui les a amenés à se laisser flouer par les apparences est en passe de perdre définitivement de sa magie. Le charme a fait long feu. Celui de voir enfin un ressortissant du Nord de la Côte d’Ivoire au pouvoir. En la personne d’Alassane Ouattara ou ADO (Argent – Diamant – Or, comme se plaisent à dire ses aficionados), adoubé « Warri fatchè » (trivialement, Papa-l’argent), l’économiste de renommée internationale, celui dont le métier est de « trouver l’argent », l’homme au carnet d’adresses éloquent, « la solution » à tous les problèmes des ivoiriens.

Il aurait été franchement souhaitable que ce charme fût suivi d’effets concrets dans la vie des ivoiriens. Que nenni ! Jamais la Côte d’Ivoire ne se sera portée aussi mal dans sa peau, dans sa vie quotidienne et dans sa cohésion. Et l’histoire retiendra que cela est arrivé sous un nordiste. De ce point de vue, Ouattara rend au Nord de notre pays, le pire service qui soit. A tout le moins, un bien mauvais service. Ce qui est certain et clair dans l’esprit de tous, c’est que le septentrion ivoirien ne pourra plus dire qu’il n’a jamais gouverné et qu’on lui refuse sa candidature (pas celle d’un de ses fils mais la sienne entière) à l’élection présidentielle pour des considérations religieuses et géographiques.

« On ne veut pas que je sois candidat parce que musulman et du Nord », telle aura été la lame de fond de la politique de Ouattara pour la conquête du pouvoir. Jamais un fils du Nord n’aura autant instrumentalisé sa région et, soyons-en certains, cela ne sera pas sans conséquences dommageables pour la suite de l’histoire ivoirienne. L’ayant dit et étant parvenu au pouvoir sur cette base, le chef de l’Etat actuel confirme sa ligne de pensée en déclarant d’aplomb, dans une interview qu’il a donnée au journal « L’Express », au premier jour de sa visite d’Etat en France, le mercredi 25 janvier 2012 : « Il s’agit d’un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population (chiffre démenti par les données de l’Institut National de la Statistique qui indiquent plutôt 25,71%), étaient exclues des postes de responsabilité ».

Au-delà de l’instrumentalisation et du tripatouillage indécent des données démographiques, c’est le braquage de toutes les autres ethnies de notre pays contres celle du Nord qu’est ainsi en train de réussir – fort malheureusement – Alassane Ouattara. L’inconscient profond des ivoiriens et leur imaginaire populaire retiendront que c’est sous Ouattara, le chantre du nord, le « Zorro » de la cause nordiste, qu’on aura connu la pire division entre les Ivoiriens. Le rattrapage ethnique de Ouattara a ceci de criminel qu’il dresse les communautés du Nord contre tout le reste de la Côte d’Ivoire. Et cette opposition, cette déchirure, c’est Alassane Ouattara qui l’aura réussie. Tant et si bien que si on fait une analyse objective et rigoureuse de la crise ivoirienne, depuis le début de la rébellion en 2002, et de la situation sécuritaire actuelle dans notre pays, on constatera que les FRCI – qui sévissent gravement et odieusement contre les populations ivoiriennes dans le silence le plus complet du gouvernement -, en réalité, ne sont soutenus que par les ressortissants du Nord. Et ce n’est pas de la délation de le dire.

C’est au point où lors des manifestations des populations d’Arrah – dans l’Est de la Côte d’Ivoire – contre la présence des FRCI dont elles étaient excédés des exactions, et qui ont fait de 15 à 35 morts selon des sources diverses, les ressortissants du Nord ont fait écran contre les autochtones pour porter secours aux FRCI. L’affrontement communautaire était inévitable. Les plaies sont encore à vif et la réconciliation dans cette localité n’est pas pour demain, au regard des propos vindicatifs qui nous en parviennent et qui ne sont guère rassurants. L’équilibre n’y tient, à l’heure actuelle, que par la présence des armes. Qu’arrivera-t-il à la moindre inversion des rapports de forces ? DIEU seul le sait ! Et nous n’osons même pas l’imaginer.

La question sécuritaire en Côte d’ivoire est un vrai drame national. Nos forces traditionnelles de sécurité (Police et Gendarmerie) sont impuissantes devant les exactions des supplétifs FRCI et des milices « Dozos » descendus du Nord combattre pour Ouattara, à Abidjan. Plutôt que de retourner dans leurs milieux naturels de vie et leurs régions sociologiques, ils se sont incrustés dans le Sud et l’Ouest de notre pays. Pour le plus grand malheur de nos populations. Leurs dérives et leurs crimes sont légions et quasi quotidiens.

A l’intérieur du pays, les forces de l’ordre sont désarmées et doivent se soumettre à une bien curieuse démarche administrative pour recevoir une dotation temporaire d’une ou deux armes (pour mission commandée) auprès des préfets. Une fois la demande des commissaires déposée aux préfets, ils donnent instruction aux FRCI, qui consentent à remettre une ou deux kalachnikovs, à rendre après opération.

Oui, vous avez bien lu, ces pratiques ont bel et bien cours en Côte d’Ivoire. D’ici là (du début de la procédure à son aboutissement), les populations ont largement le temps de périr, sans que personne ne lève le petit doigt. De toute notre jeune vie, jamais entendu parlé de pareilles incongruités dans une République. A moins que la Côte d’Ivoire n’en soit plus une ! Ainsi, braquages, viols, vols et assassinats émaillent le quotidien des ivoiriens, dans l’indifférence générale, et surtout celui, incompréhensible, du pouvoir d’Abidjan.

Pas plus tard que ce dimanche 25 mars 2012 à Yopougon, les FRCI occupant illégalement la Place de la liberté, patrimoine du FPI, sous le prétexte qu’un des leurs a eu maille à partir avec un quidam dans un maquis, font une descente punitive dans le quartier de Yopougon-Selmer, s’attaquent aux riverains sans différenciation, saccagent plusieurs maquis dont celui où se sont déroulées lesdites échauffourées. Trois civils sont tués dont un, égorgé et franchement amoché : la tête fracturée et l’œil défoncé. Un jeune cadre de banque, Kouamé Lucien, a été sorti de sa voiture à bord de laquelle il circulait avec sa nièce, et poignardé de plusieurs violents coups de couteaux. Son seul crime : il était au mauvais endroit, au mauvais moment. Plusieurs femmes ont été violées et des boutiques pillées. Une centaine de civils ont été blessés au gourdin et à la machette. Vous parlez d’une jungle !

Le rattrapage ethnique est tellement bien ficelé et pensé que le nouveau président de l’Assemblée nationale et dauphin constitutionnel – élu anticonstitutionnellement sur la base d’un décret présidentiel lui-même illégal – est du Nord, en la personne de l’ex-Premier ministre Soro Guillaume dont la manœuvre nous rappelle étrangement la parade des primates qui ne lâchent une précédente branche qu’après s’être bien assurés de tenir fermement la suivante. Sous Ouattara, la violation de la Constitution est le passe temps favori. La première vice-présidente, Madame Sako Sarah Fadiga, est également du Nord. Dans la même logique rétrograde.

A côté de cela, des injustices criantes prospèrent dans tout le pays : des domiciles et hôtels appartenant à des particuliers restent encore occupés, des voitures privées sont encore aux mains des FRCI qui refusent de les rendre, les véhicules 4×4 des entreprises se font quotidiennement braquer par ces hommes en armes, en toute impunité, des infrastructures publiques font toujours l’objet de la prise en otage desdites forces et la quasi totalité des QG de campagne du candidat de La Majorité Présidentielle, Laurent Gbagbo, servent de résidence aux FRCI s’ils ont eu le bonheur d’avoir échappé à la destruction systématique ; dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, des ressortissants Burkinabé occupent de force les champs des autochtones. Le sous-préfet de Bloléquin, Koffi Yao-Kan Claude, s’exprimant dans les colonnes du quotidien « Le Nouveau Réveil », dénonce cette pratique désinvolte ainsi que la grave insécurité qui sévit dans la zone, lui qui a enregistré à ce jour 92 conflits fonciers dans sa circonscription. L’Ouest de la Côte d’Ivoire, il faut le dire en toute franchise et honnêteté, est devenu une « colonie de peuplement » pour tous les ressortissants des pays voisins, au détriment des nationaux ivoiriens. Une poudrière en perspective !

Charles Konan Banny, Président de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation avait prévenu à Yamoussoukro, le 28 septembre 2011, dans son discours d’investiture : « Aucune victoire par la force ne peut être tenue pour définitive, car le vaincu d’aujourd’hui fourbira ses armes dans l’espoir de devenir le vainqueur de demain. Et c’est ainsi que s’installe l’escalade. Désarmons donc aujourd’hui nos haines, faute de quoi nous nous acheminons à grands pas vers une guerre de cent ans ! ». Ouattara doit désamorcer cette bombe qu’il a posée avant qu’il ne soit trop tard.

L’actuel chef de l’Etat avait cloué au pilori la gestion du président Gbagbo et promis du renouveau pour la Côte d’Ivoire : 250 nouvelles écoles, 1 université et 1 million d’emplois par an, l’enrayement de la pauvreté et la cohésion nationale. Il n’en est rien : il a bouclé une année de pouvoir et aucune école n’est encore sortie de terre, aucune nouvelle université n’est en vue, pire, l’ouverture des anciennes est renvoyée aux calendes grecques ; Alassane Ouattara a détruit, depuis son accession au pouvoir, au moins 50.000 emplois (concours de la Fonction publique annulés, licenciements massifs à la Présidence, à la SOTRA, à la RTI, à Air Ivoire, à Palaces de Côte d’Ivoire, au Port Autonome d’Abidjan, à l’AGEFOP, à l’ANADER, au CIAPOL et dans la quasi-totalité des institutions et entreprises publiques) ; le coût de la vie est passé à un niveau record, les populations sont au bord de l’asphyxie et de la révolte ; les Ivoiriens se regardent en chien de faïence à cause d’une réconciliation mal amenée et d’ailleurs sabotée par les actions et la justice des « vainqueurs » au pouvoir ; les armes légères et lourdes n’ont jamais autant circulé dans nos villes et été exhibées par les FRCI et leurs supplétifs au nez de nos populations terrifiées et terrées. La Côte d’Ivoire est méconnaissable sous Ouattara. Jamais elle n’aura été autant défigurée et aussi proche de l’explosion. Les ressortissants du Nord ne doivent certainement pas en être fiers. Beaucoup d’entre eux sont aujourd’hui perplexes. Bien d’autres ont déjà déchanté. Le chant des sirènes s’estompe. La « solution » fait place à la « désillusion ». Celle des partisans endoctrinés et des soutiens internationaux.

Le Nord gouverne à l’heure actuelle. Et nous voyons tous de quelle désastreuse façon. Il se « rattrape », selon Alassane Ouattara, qui aura réussi l’exploit de diviser profondément les ivoiriens et de les installer sur une poudrière qui ne manquera pas d’exploser si rien n’est fait. C’est juste une question de temps.


Que DIEU ait pitié de la Côte d’Ivoire !


In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 480 du vendredi 30 mars 2012.
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