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21/05/2018

Alep, où seul le chaos règne (enquête)


Quatre mois se sont écoulés sur les combats à Alep. La ville ne ressemble pas aux autres villes syriennes embourbées dans le conflit. Elle constitue désormais un tournant décisif dans la bataille. C’est dans cette ville que les militants de l’«armée syrienne libre » ont voulu que se déroule «la mère de toutes les batailles » qui marquera le début de la fin du régime syrien. Et c’est ici aussi que le régime a voulu que se déroule la bataille décisive. Mais une seule réalité est évidente sur le terrain : toute la ville brule.

Alors que le régime est toujours présent à Alep, qu’il conserve des postes militaires et sécuritaires malgré les assauts des groupes rebelles, l’opposition armée contrôle d’autres quartiers. Quant au rif d’Alep, il est désormais hors du contrôle du régime, tout comme les frontières avec la Turquie.

Mais qui est cette opposition armée qui combat dans ces régions ?

Elle est composée de forces fondamentalistes tel le front annosra et des brigades armées qui imposent leurs propres lois et décrets. Elle s’octroit le droit de tuer, d’assassiner, de voler, et d’imposer des redevances sous prétexte de soutenir la révolution, et malheur à ceux qui s’y opposent !

Malgré tout, la révolution pacifique est toujours active à Alep. Les opposants au régime refusent tout exploit de leur révolution ou tout recours à la violence au nom de cette révolution. Ils continuent de rêver d’un avenir meilleur malgré la forte dégradation de leur situation et l’exode de nombreuses familles.

Qui gouverne Alep aujourd’hui ?

Pour répondre à cette question, un correspondant du quotidien libanais Assafir s’est rendu à la deuxième capitale de la Syrie. De cette ville, on ne rapporte que les informations sur les bombardements, les affrontements et les perquisitions quotidiennes, ainsi que les opérations militaires du front Annosra qui prétend contrôler la situation sur le terrain, des allégations aussitôt démenties par l’armée régulière qui assure en avoir repris le contrôle. Où réside la vérité ? Qui contrôle le terrain ? La réponse, bien qu’elle soit choquante, est toutefois réaliste : C’est le chaos qui règne.

Au début, il s’agissait d’une action pacifique. Les universitaires d’Alep avaient pris la première initiative de descendre dans les rues. Plusieurs manifestations s’en sont suivies jusqu’à l’arrivée des hommes armés de l’armée syrienne libre qui ont prétendu vouloir protéger « les manifestations pacifiques. La ville est ensuite devenue un champ de bataille. Actuellement, l’équation qui règne est la suivante : « tu possèdes des armes, donc tout le monde obéit à tes ordres et tu peux faire ce que tu désires. D’aucuns vont justifier tes actes et te défendre. Tout est permis dans la révolution. »

Un jeune médecin raconte comment les équipements de l’hôpital alKindi ont été volés par un homme armé qui a ensuite contacté les médecins leur proposant d’acheter ces équipements ou bien ils seront vendus pour le voisin turc !

Ce jeune médecin ajoute, étonné: « Des combattants du front annosra tiennent à la poursuite de notre travail, présentant des garanties aux médecins pour qu’ils viennent au travail chaque jour, un appel rejeté par « la brigade attawhid », le groupe le plus fort sur le terrain à Alep.

« Mais ce n’est pas tout. La plupart des usines situées dans le rif ont été pillées ou détruites par les groupes armés, au moment où ces groupes se permettent d’enlever et de tuer n’importe qui sous prétexte qu’il est un voyou ou un collaborateur pour le compte du régime. Certes, on justifie toujours leurs actes, même s’ils commettent toute sorte de crimes», dénonce le médecin au quotidien assafir.

Par contre, un activiste résidant à Alep considère que l’opinion publique dans la ville pardonne certaines exactions individuelles tant que l’objectif primordial est le soutien à la révolution et le renversement du régime.

Un autre activiste rejette les propos de ce dernier : « De quelles exactions parle-t-on ? Nous nous sommes tus pour longtemps sur des exactions individuelles, mais aujourd’hui elles se sont multipliées comme un cancer dont l’ablation est devenue impossible». Et de poursuivre : « Le problème n’est pas la possession d’armes mais la façon dont ces armes sont utilisées. Des dirigeants des brigades armées reconnaissent devant nous qu’ils trouvent une grande difficulté à gérer les hommes armés qui luttent sous leur égide ».

Pour sa part, un troisième activiste évoque une catastrophe qui déchire la brigade attawhid : « Cette brigade a ouvert ses portes aux différents bénévoles. Actuellement, il n’existe pas de commandement uni qui contrôle l’action des combattants».

Dans ce même cadre, un activiste souligne que la plupart des combattants sont originaires du rif d’Alep, d’Idlep, de Hama, de Deir Ezzour, alors que les combattants arabes sont très minoritaires. « Certains combattants sont venus à Alep pour mener les mêmes combats qui ont eu lieu à Homs, accusant les habitants d’Alep de ne s’être pas révoltés comme il le faut », raconte un opposant, qui est allé même jusqu’à accuser les habitants d’Alep d’être des partisans du régime et donc il faut les traiter sur cette base!

Toutefois, d’autres opposants ne sont pas d’accord avec ces propos. Ils tiennent à souligner le soutien populaire à l’armée syrienne libre dans certaines régions, compte tenu du comportement des brigades armées dans ces quartiers.

Mais une question se pose :

Où sont les comités religieux et les tribunaux qui ont été mis en place dans les zones « libérées » pour punir les exactions commises ?

Selon un homme de droit, l’autorité de ces comités se limite à décréter des lois, négligées par la majorité. « Parce que ces comités ne possèdent pas de forces armées qui puissent obliger les autres à respecter leurs lois », dit cet homme de droit qui explique que l’annonce de la formation d’une brigade combattante affiliée au « comité religieux » et au « front des oulémas d’Alep » constitue le problème majeur pour les groupes salafistes dont le front Annosra.

La plupart des activistes rapportent que malgré le nombre limité des éléments appartenant à Annosra par rapport aux autres brigades, ce groupe reste la brigade la plus violente, la plus organisée, la mieux armée et financée. On rappelle à ce sujet le bombardement de la place Saadallah elJabiri qui a été fortement critiqué mais ceci n’a pas empêché ce groupuscule lié à AlQaida de liquider des soldats de l’armée régulière et de diffuser des vidéos en ce sens sur les sites de socialisation sur internet. Les éléments d’Annosra sont également responsables d’une série d’explosions qui ont visé plusieurs centres gouvernementaux, et sont derrière l’organisation de plusieurs manifestations réclamant l’instauration du régime du califat islamique et l’attaque contre les minorités religieuses.

Bref, les armes ont leur dernier mot à Alep, qu’il s’agisse des armes de l’armée régulière, ou celles des comités populaires, ou celles de l’armée syrienne libre avec ses différentes brigades, ou celles encore du front annosra. Les habitants d’Alep restent la victime de toute cette violence.

 

Source: assafir 

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