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23/06/2018

GUADELOUPE, MARTINIQUE, REUNION :


GUADELOUPE, MARTINIQUE, REUNION : L’HEURE de la DESUNION A-T-ELLE SONNE ?

Auteur: Souleiman (LVO)
Le leader du LKP Elie Domota aux obsèques du syndicaliste Jacques Bino, le 22 février 2009 à Petit Canal près de Point-à-Pitre

En mai 1967 à la Guadeloupe, les forces de l’ordre ont tiré sur la foule qui manifestait contre la vie chère. Bilan : entre 87 et 120 morts. Un massacre étouffé par les autorités de l’époque et qui est encore laissé dans l’ombre aujourd’hui afin de mieux éluder les responsabilités des autorités de l’époque. La Guadeloupe et la Martinique vivent un climat déjà pré-insurectionnel, ne suscitant que très peu de  réaction de la classe politique de Métropole qui non seulement, a tardé à réagir mais a gravement failli à ses obligations de gérer une crise aux Antilles et surtout de ne pas l’avoir prévenu. Il y a déjà eu mort d’hommes. Les menaces sont désormais claires et explicites. Le responsable n°1 du LKP (collectif contre la vie chère et le surprofit) a mis en demeure les responsables qui renâclent à appliquer les accords conclus entre grévistes et employeurs, de signer sans tarder faute de quoi ils devront partir, ils devront quitter la Guadeloupe sur un constat d’échec préjudiciable à l’avenir des DOM-TOM. Le message est clair et non équivoque. La Guadeloupe et la Martinique sont à un tournant de leur histoire. Les Békés « racistes » qui font la loi devront se soumettre ou se démettre et retourner dans leur Métropole. Cela ressemble au slogan des premiers indépendantistes Algériens : « La valise ou le cercueil ». On n’en est pas encore là se plairont à dire certains. C’est vrai mais les événements vont vite et les revendications des Antillais pressent elles aussi alors que le LKP menace de durcir la grève. Peu de jeunes Français ne réalisent pas encore que la France a eu longtemps sous sa coupe un grand nombre de colonies : Gabon, Moyen Congo, Tchad, Soudan, Côte d’Ivoire,  Sénégal, Vietnam (ex Indochine), Nouvelle Calédonie, Maroc, Tunisie, Algérie, Guadeloupe, Antilles, Réunion, etc…..La France était à la tête d’un vaste « empire colonial ». A l’école primaire coloniale ou colonialiste, on étudiait la géographie de tous ces pays français malgré eux. L’empire
colonial français s’est écroulé durant la seconde guerre mondiale, les termes « colonie » et « colonial » avaient une connotation  désormais difficile à supporter. En 1946 est née à la place l’ «Union Française ». Les colonies n’étaient plus des colonies taillables et corviables à merci mais des territoires et des départements d’outre-mer (DOM-TOM). De nombreuses colonies ont accédé à l’indépendance par la force (Madagascar, Algérie, etc….), des colonies qui, à l’époque avaient envoyé des députés indigènes siéger à l’Assemblée Nationale Française : Ferhat Abbas l’Algérien, Sékou TOURE, le guinéen.

Les DOM-TOM ont-ils été sous-administrés ? Ont-ils été abandonnés à eux-mêmes?

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On apprend en solfège qu’ «une blanche vaut deux noires ». C’est ce qui a dû se passer en Guadeloupe, en Martinique, à la Réunion devenue elle aussi l’île de la …..désunion. Si ces ex-colonisés se sont soulevés, c’est certainement parce que leurs conditions de vie déplorable et leur faible pouvoir d’achat devenaient insupportables. L’aspiration à l’Indépendance n’est pas encore et ouvertement exprimée mais, que survienne un dérapage plus ou moins sanglant et ce qui est enfoui dans les tréfonds de chacun apparaîtra et s’exprimera au grand jour.

Des Etats Généraux se tiendront aux Antilles en Avril avec la présence du Président de la République. Que va-t-il se passer ou que risque-t-il de se passer d’ici là ? Sékou TOURE a obtenu l’indépendance pour son pays, la Guinée, en 1958, sur un coup de tête. Il a défié le Général de Gaulle et celui-ci l’a pris au mot, lui disant à peu près cela : « Vous voulez l’indépendance, prenez-la et ………débrouillez-vous seul. Pas de coopération ».

Il est à craindre que, sur un coup de tête, on livre les Antilles aux indépendantistes ou, au contraire on s’engage dans une guerre de reconquête. « La Guadeloupe est à nous, pas à eux ! » ne cessent de crier les hommes du LKP. Pendant ce temps, au lieu de calmer les esprits, des ultra locaux demandent des poursuites judiciaires contre le patron du LKP pour incitation à la……………haine raciale. Décidemment, les Békés, afin de mieux occulter leurs responsabilités dans la crise que traverse la Guadeloupe, ont préféré faire diversion en jetant le dévolu et l’opprobre sur Elie DOMONA qu’ils veulent poursuivre en justice. On ne peut qu’être profondément offusqué et outré de l’attitude malsaine des Békés qui se complaisent à fustiger les Guadeloupéens, les vrais et à brocarder le leader du LKP, un authentique syndicaliste de la première heure. Décidément, il y aura toujours des gens en retard, notamment des Békés arrogants, irréductibles et incorrigibles qui se sont enrichis sur le système néo-colonial, des Békés qui contrôlent la quasi-totalité de la chaîne de distribution et d’importation. C’est connu, ils veulent le beurre et l’argent du beurre et la fin justifie concomitamment et les moyens et les excès.

L’Etat Français qui n’aura réagi que tardivement dans cette crise peut contempler avec laxisme la gravité d’une crise qui semble ne pas dire son nom afin de ne pas en évoquer une autre qui mettrait SARKOZY dans tous ses états. PARIS qui n’aura finalement choisi de rabrouer non avec une certaine mollesse les syndicalistes de Guadeloupe au lieu d’entamer un vrai dialogue constructif basé sur la confiance et dans l’intérêt de tous les Guadeloupéens afin de concrétiser une sortie de crise honorable pour toutes les parties en conflit a choisi son camp, celui de refuser de négocier et de ne pas répondre aux revendications des Guadeloupéens.

La Guadeloupe, la Martinique sont déjà à feu. Dieu fasse qu’elles ne soient pas à sang.

– "IL FAUT ARRETER DE PRENDRE LES GUADELOUPEENS POUR DES SERPILLERES »

http://www.adgoog.com/blog/photo/34729a-une_enquete_judiciaire_ouverte_sur_domota.jpgLe leader du LKP avait notamment affirmé que les entrepreneurs qui refusaient l’accord d’augmentation de 200 euros des bas salaires devraient "quitter la Guadeloupe". "Il faut arrêter de prendre les Guadeloupéens pour des serpillières", a rétorqué Elie Domota.

Il est patent de constater que les négociations salariales entre les syndicats, le patronat et l’Etat Français ont été suspendues sur un nouveau constat d’échec, témoignant ainsi d’une disponibilité frileuse et peu convaincante des pouvoirs publics à dénouer une situation explosive qui peut dégénérer à tout moment. Le leader du LKP, Elie DOMOTA a prévenu que faute d’accord avec la partie adverse, notamment les entrepreneurs et le MEDEF qui campe sur des positions absurdes et qui tente de justifier sa position sur des broutilles, comme l’expression "économie de plantation" qu’elle rejette, les Békés devraient partir.

DIVERSION : L’accord salarial signé en Guadeloupe entre le LKP et une partie du patronat qui aurait dû faire baisser la tension a été supplanté par une chasse à l’homme à l’encontre d’Elie DOMOTA qui pourrait faire l’objet d’une enquête judiciaire pour incitation à la haine raciale alors que les Békés, eux, par qui le scandale est arrivé ne font l’objet d’aucune critiques et encore moins de condamnations. Révoltant, c’est le moins qu’on puisse dire quand on n’est pas sans ignorer que les Békés qui ne sont pas affectés par la dégradation du  pouvoir d’achat, qui sont responsables d’un climat tendu et délétère ou les blancs ne font absolument rien pour dénouer une situation houleuse, que les produits de première nécessité avoisine un prix exorbitant dépassant considérablement ceux de la métropole, on est en droit de se demander si le gouvernement français n’a pas sciemment provoqué cette crise dès lors qu’il apparaîtrait que certains acteurs de la crise seraient protégés par PARIS qui tarde à répondre favorablement aux revendications des Guadeloupéens. En cause, l’expression "économie de plantation", qui renvoie selon le Medef qui acquiesce à l’idée que l’Etat a raison de soutenir ce protocole d’accord et Yves Jego au passé esclavagiste de l’île ne peut constituer un obstacle face à « la politique de plantation, de bazar et de discrimination » prônée à outrance par le gouvernement Français assisté par le MEDEF. Face aux agissements nuisibles de l’Etat français, Il en résultera probablement des grèves et des manifestations contre la vie chère qui paralyseront la Guadeloupe, la Martinique et qui se propageront indubitablement à la Réunion et la Guyane.

marcel-bigeard-photo-general.jpgSi rien n’est réglé en Guadeloupe, le président SARKOZY enverra-t-il les appelés du contingent, les Paras afin de mater la rébellion et prétextera certainement l’envoi d’un corps expéditionnaire dans un but de pacification et d’un rappel de l’ordre comme ce fût le cas dés le déclenchement de la guerre d’Algérie. La torture érigée comme arme de guerre et comme moyen de conquête coloniale et dont l’idéologue a fait des émules parmi le tortionnaire Marcel BIGEARD ressurgira en apothéose, quitte a déverser des "bidons spéciaux" (s’entend Napalm) sur les Guadeloupéens qui se sont révoltés à raison, des Guadeloupéens qui ont décidé de ne pas (ou de ne plus) souscrire au concept politique de la « GUADELOUPE FRANCAISE », slogan qu’ils ne veulent plus cautionner et pérenniser. Sans extrapoler et si la situation dégénère, PARIS fera-t-il  appel aux bons offices des criminels de guerre, SALAN, MASSU, BIGEARD qui reprendront du service afin que PARIS ne pas soit hanté et taraudée par l’idée qu’elle puisse perdre un jour ses DOM-TOM. Elie DOMOTA, 42 ans, a acquis en vingt-six jours de grève générale un statut d’icône qui soulève les foules lors de meetings enflammés. Et on comprend les positions fermes du leader du LKP lorsque PARIS, au lieu de négocier a décidé d’envoyer un nombre impressionnant de gendarmes dans le but de réprimer les Guadeloupéens (qui ont rejeté au début de la crise le plan bidon de Sarkozy) avec le concours bienveillant des Békés colons et de combattre le mouvement syndical guadeloupéen.

Autre facteur d’une détérioration de la situation : ELIE DOMOTA a dénoncé les déclarations du porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre qui avait parlé des "tontons macoutes du LKP". Seul Olivier Besancenot s’est dit "solidaire à 100%". Il estime que les déclarations du LKP sont "légitimes" et qu’à aucun moment elles n’ont été "racistes".

– LA GUADELOUPE AUX GUADELOUPEENS

le drapeau de mon pays de mon origine

La crise en Guadeloupe engendrée par l’aggravation du pouvoir, une paupérisation perceptible  d’une certaine frange de la population est tributaire d’un règlement impartiale entre patronat et syndicat et demeure subordonnée aux bon vouloir et desideratas des instances de la Métropole dont le libre arbitre peut dénouer une situation déjà tendue ou tout au contraire laisser la situation pourrir, tout en favorisant un climat de déliquescence qui accélérera les événements dont personne ne peut prévoir les répercussions et l’issue de cette crise qui perdure.

Les Békés qui sont loin de ressentir les effets de la crise en Guadeloupe et qui constituent une caste de Nantis pour la grande majorité d’entre eux et qui feignent eux aussi d’être affecté par la crise doivent être associés aux pourparlers entre patronat et syndicat afin qu’ils partagent les richesses qu’ils ont accumulé avec une rare cupidité ou dilapidé, aggravant de facto une fracture entre Guadeloupéens de souche et ceux de la Métropole ainsi que les conditions de vie et la précarité des Antillais.

Elie DOMOTA, syndicaliste de la première heure, leader du LKP, incarnant Jean Marie TJIBAOUI, Le leader indépendantiste kanak (Il a été assassiné le 4 mai 1989, avec Yeiwéné Yeiwéné, son bras droit au FLNKS, lors de la commémoration de la tragédie d’Ouvéa, par un Kanak (Djubelly Wéa) opposé aux accords de Matignon de juin 1988) ne peut se satisfaire de propositions aux rabais et de tergiversations de la classe politique de PARIS. Les Békés qui ont ruiné l’économie de l’île en s’érigeant en riches entrepreneurs, propriétaires terriens ont réussi à créer de profonds clivages avec le reste de la population qui ne peut être caricaturer et réduite à de simples serpillières. Puissent les Békés prédateurs et colons vivre en parfaite symbiose avec leurs compatriotes et s’abstenir formellement d’empiéter ou de morceler sur la quintessence du niveau de vie que les Guadeloupéens ne peuvent brader au nom d’une minorité et négocier. Tant que le niveau de vie n’atteindra pas un seuil décent et d’autosuffisance et tant que les Békés ne rendront pas des comptes, à commencer par partager les richesses dont ils se sont appropriés abusivement et « illégalement », il est à craindre la résurgence d’émeutes d’une violence rarissime et un tournant majeur dont les événement ont pris de court PARIS qui malgré des éléments avant coureurs a préféré le pourrissement de la situation que de traiter en amont le problème avec un engouement réel.

Les Békés spéculateurs qui ont peut-être un rêve récurrent de rétablir l’esclavage et qui ne peuvent pas se targuer d’être des Guadeloupéens entièrement et à part entière n’ont jamais songé à vivre au profit de la globalité guadeloupéenne alors qu’en réalité ils ne font qu’attiser la confrontation et une tension extrême avec les vrais guadeloupéens. Les Békés ont pour priorité de faire fructifier leur chiffre d’affaire, de favoriser les profits, voire les surprofits et sont par excellence le détonateur d’une crise que le leader du LKP a dénoncé avec virulence et sans ménagement car ces Guadeloupéens issus de la Métropole sont les principaux acteurs d’une escalade qui risque de s’envenimer si PARIS qui opte pour la bastonnade et  la répression subtile ne prend pas ses responsabilités et choisit d’esquiver le problème palpable des DOM-TOM qui n’auront alors d’autre choix que de s’orienter vers l’indépendance. Avec une question emblématique : la France saura-t-elle gagner le pari d’une décolonisation en douceur d’un des derniers confettis de son empire ?


Souleiman



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