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La Voix Des Opprimés

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21/08/2019

Les provocations de Paris continuent


Faudra-t-il déclarer expressément le French doctor et ses déclarations lapidaires « Personna non grata» en Algérie ? Oui à la criminalisation de la colonisation, n’en déplaise à Koushner et ses sbires (Dixit Souleiman)

– Kouchner et la génération des moudjahidine

– Les provocations de Paris continuent

Pourquoi Algériens et Français sont-ils si contents de leurs mauvais rapports ?

Ce responsable français estime que la complexité des relations entre l’Algérie et la France est due au fait que c’est la génération de l’indépendance algérienne qui est au pouvoir et qu’après le changement de pouvoir en Algérie les relations vont s’améliorer.

De la loi du 23 février 2005 glorifiant la période coloniale française à l’inscription de l’Algérie sur la liste noire, Paris continue de provoquer l’Algérie avec des déclarations irresponsables de la part des responsables français. Attendu pour une visite à Alger dans le cadre du traitement de quelques dossiers en suspens entre l’Algérie et la France, dont l’indemnisation des victimes des essais nucléaires français dans le Sahara algérien, l’attitude négative des entreprises françaises et la question de la circulation des personnes, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner a déclaré à l’hebdomadaire français Le Journal du Dimanche qui lui demandait quand les relations entre les deux pays seront réparées, il répond que «la génération de l’indépendance algérienne est encore au pouvoir. Après elle, ce sera peut-être plus simple». D’autre part, le chef de la diplomatie française dira : «Nos rapports avec l’Algérie ont été à ce point sentimentaux, violents et affectifs. Tout est très difficile et très douloureux. L’Algérie a été vécue comme française en France quand elle était une colonie de peuplement», rappelant que l’anticolonialisme a été son «premier engagement». Ainsi, ce responsable français estime que la complexité des relations entre l’Algérie et la France est due au fait que c’est la génération de l’indépendance algérienne qui est au pouvoir et qu’après le changement de pouvoir en Algérie les relations vont s’améliorer. Le chef de la diplomatie française croit-il réllement que si la nouvelle génération prend les clés du pouvoir, elle aura pour mission d’enterrer l’histoire du colonialisme ? Aura-t-elle aussi pour mission d’oublier les traces du génocide colonial ou mettre à l’écart les nouvelles provocations de Paris, à commencer par la glorification du colonialisme?
Il faut dire que M. Kouchner a oublié que l’histoire d’un peuple se transmet de génération en génération et que nul ne peut oublier le passé colonial et le présent provocateur. En tout cas, M. Kouchner se présente comme un bon élève de son président Nicolas Sarkozy qui avait dit, lors de sa première visite en Algérie, qu’il n’est pas de la génération de la période, ce qui le pousse à penser au futur alors que c’est lui-même qui veut glorifier les harkis.

S’agissant de la liste noire, M. Kouchner a défendu la décision de son pays portant inscription de l’Algérie sur la liste des pays à risque terroriste dont les ressortissants seront soumis à des mesures de contrôle spécifiques au niveau des aéroports français. Pour ce responsable français, «c’est une norme de sécurité et l’Algérie n’est pas seule en cause. Les Algériens sont choqués, et c’est vrai qu’ils se battent courageusement contre Al-Qaïda. Mais nous appliquons des règles de sécurité». Ainsi, Paris vient de confirmer qu’il n’a aucune intention de retirer l’Algérie de la liste noire. A cet effet, la balle est dans le camp d’Alger pour réagir et l’annulation d’une réunion de la grande commission mixte parlementaire n’est pas suffisante pour mettre un terme aux provocations françaises.

Par Nacera Chenafi

http://www.lejourdalgerie.com/Editions/210210/Rubriques/evenement.htm#1


Pourquoi Algériens et Français sont-ils si contents de leurs mauvais rapports ?

Que meurt donc l’Algérie de papa

Depuis 1962, nous avons assisté à une France qui n’a pas fait le deuil de «son» Algérie. L’histoire de ses rapports avec elle s’arrête au jour où elle a été chassée de la maison. Elle a beau dire et beau faire, jamais elle n’a accepté cette séparation.

Les relations froides, pour ne pas dire glaciales, qui sont en train de s’instaurer entre les deux pays, et qui ont succédé à une période de confusion, notamment depuis l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, sont régulièrement évoquées par les médias et les observateurs politiques mais ne semblent susciter aucune inquiétude des deux côtés. Comme si le cours naturel des choses n’est pas dans la coopération mutuellement bénéfique mais dans les malentendus, les tensions, voire l’hostilité. Il y a comme un désir commun de poursuivre la guerre, historiquement close en 1962, par d’autres moyens. On parle souvent de «divorce» entre les deux pays, et le mariage en est la période coloniale forcément, puisque depuis l’indépendance algérienne rien n’autorise une telle référence. Les deux parties n’ont plus vécu comme des époux depuis qu’ils se sont séparés dans le drame de la révolution algérienne. Les deux parties ne se sont plus parlées que par l’intermédiaire du droit, ici international, avec la méfiance et l’hostilité rentrées des ex-époux, prêtes à éclater à la moin-dre occasion.

L’attitude française veut montrer clairement qui est le maître. Après avoir dominé sans partage, exercé les pires arbitraires, et n’avoir consenti la séparation que dans le sang, contrainte et forcée, l’Hexagone joue aujourd’hui à celui qui a été «offensé» et dont l’amertume n’a d’égale que le «préjudice subi» du fait de cette offense que représente pour lui la séparation. Depuis 1962, nous avons assisté à une France qui n’a pas fait le deuil de «son» Algérie. L’histoire de ses rapports avec elle s’arrête au jour où elle a été chassée de la maison. Elle a beau dire et beau faire, jamais elle n’a accepté cette séparation. L’Algérie n’était pas seulement une sorte de «joyau de l’empire», elle n’est pas une nostalgie que l’on peut se rappeler à l’occasion avec quelque tendresse, ou un «ami» dont on peut comprendre le désir de vivre libre, et que l’on peut épauler dans la difficulté, au-delà de tout discours sur le pardon, au nom même de ce qu’on appelle le «vécu». Non, l’Algérie est le pire souvenir qui soit, parce que, dans l’inconscient français, ce fut et c’est l’occasion ratée, l’occasion impossible d’être l’Amérique. Oui, d’être aussi grande, à tous points de vue, que l’est l’Amérique. Imaginez la France de Dunkerque à Tamanrasset !

Le deuil ne s’est pas fait parce que l’actualité rappelle sans cesse le trauma. L’actualité, c’est l’émigration d’origine algérienne et les problèmes, devenus carrément identitaires, qu’elle lui pose. L’actualité, c’est aussi les rapports mondiaux, l’Europe invraisemblable (si ce n’est dans la dissolution de la France), l’émergence de la Chine et d’autres «grands pays», et cette Algérie perdue qui aurait pu être si utile à l’ambition française. En France, elle est à la fois dans l’imaginaire et dans l’actuel, comme une idée dont on ne sait quoi faire. On parle tous les jours d’elle, d’une façon ou d’une autre, mais pas comme d’un pays réel, d’un pays dont la planète a pris acte officiellement en 1962, qui existe envers et contre tout, mais comme d’un pays qui «fut» français et qui ne saurait plus être en dehors d’elle. Obsession, fixation, perpétuel retour à ce «moment de guerre» que fut la révolution, qu’on n’a pas fini de ressasser, de dénigrer (avec la complicité d’une armada «d’historiens indigènes de service»), voilà en quels termes et dans quel esprit l’Algérie est évoquée en France, tous les jours que Dieu fait.

France et Egypte, même combat

Pas moyen de dépasser cette obsession autrement qu’en faisant semblant de l’avoir dépassée. «Vous n’avez pas voulu de nous, entend-on dire. Que voulez-vous maintenant ?» Ou encore «Vous ne voulez pas de nous aujourd’hui, eh bien !» Car, et rien n’a changé depuis les temps bénis des colonies, l’Algérie n’est que par la France. Quelle incroyable méprise ! Les sentiments sont universels, rien à dire. Remarquez à quel point l’Egypte et la France se ressemblent. Oum Dounia ne veut pas de nous, elle nous excommunie, elle nous prive de sa culture, de son arabité, elle nous demande ce que nous lui voulons… Comme si nous demandions quoi que ce soit à l’Egypte aussi bien qu’à la France. Comme si l’Algérie avait besoin de l’un ou de l’autre pour réaliser on ne sait quelle ambition, hors de sa portée – elle qui ne sait quoi faire de tout l’argent de son pétrole. Comme si nous vivrions plus heureux, plus libres, plus épanouis, sous l’aile protectrice de l’un ou de l’autre. Comme si, sous la coupe d’autrui, notre sort serait meilleur. Comme si, enfin, lorsque nous étions à terre, il y a à peine dix ans, et que nous avions réellement besoin de secours, quelqu’un nous avait tendu la main, quelqu’un nous avait dit : «Je suis solidaire» – qui aujourd’hui serait en droit de nous réclamer un peu de gratitude.

Résistance à la prédation et aux prédateurs

Pourtant, l’Algérie ne cesse d’aspirer à être reconnue en tant que pays souverain, égal des autres par les droits, sans bénéficier de faveurs de personne mais sans être l’obligé de quiconque aussi. Manque de maturité, de confiance en soi ? Et si c’était simplement ce besoin de reconnaissance, une forme de résistance à la prédation et aux prédateurs. L’excès des Algériens dans leurs rapports avec la France est perceptible partout. Non seulement, la dégradation des rapports dont il est question ici ne les inquiète pas, mais, tout comme le font les Français, ils ont fini par l’appeler de leurs vœux. Le malentendu est devenu roi.

A un blogueur sur internet qui disait «Moins il y a de relations entre les deux pays, mieux on se portera». «Bravo !» lui répond un blogueur algérien. Le premier blogueur qui ne s’était pas identifié jusque-là, précise alors : «Je parlais pour la France». Le second blogueur lui répond : «C’est la même chose». Tout se passe à présent comme si la séparation restait à parachever, qu’elle devenait la seule voie possible.

Du côté de l’Algérie, la France est le grand ami qu’elle aurait pu avoir. Mais elle se rend compte de plus en plus qu’il n’existe pas d’amitié entre les Etats et donc pas entre les pays. Il n’existe que des rapports de force, d’autant plus mal vécus qu’ils sont inégaux. La puissance française est démesurée au regard de la nôtre. Pour autant, se disent les Algériens, faut-il baisser honteusement la tête après avoir tant fait pour la redresser ? Les menaces à peine voilées par les beaux discours suffisent-ils à faire une politique sérieuse, durable ?

Il y a une clarification qui manque et qui ne peut se produire que si les compteurs sont remis à zéro. A défaut d’être des partenaires, les deux pays ne peuvent qu’être étrangers l’un à l’autre. Mais est-ce possible ? Cela le sera le jour où l’Algérie cessera d’attendre de la France un comportement particulier à son égard et vice-versa. Le jour où elle cessera d’être sous sa domination culturelle sans succomber à sa domination économique. Le jour où elle comprendra qu’en parlant d’elle, la France parle de tout à fait autre chose, qui n’est pas elle.

Car il existe une autre Algérie que la nôtre, une Algérie franco-française, imaginaire, fantasmatique et qui n’a rien à voir avec l’Algérie bien réelle, algéro-algérienne celle-là, produit d’un passé imparfait et d’un avenir incertain, que nous aimons et que nous haïssons pour cela même, à notre guise. Ce jour-là tout s’apaisera et tout deviendra possible. En attendant, Kouchner peut bien espérer d’autres horizons. Si la disparition de la génération 54 est inéluctable, et en supposant que le flambeau ne sera pas transmis – ce qui reste à prouver – il faut croire que les Algériens attendent avec encore plus d’impatience que meurt la génération de l’arrogance coloniale, de la françafrique, des nostalgériques de tous poils et des «esprits chagrins» comme disait si bien feu Boumaâza.

Par Aïssa Khelladi

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