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La Voix Des Opprimés

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30/09/2020

Al-Azhar réagit au projet de destruction de la tombe du prophète : « Une mesure qui ouvrira les portes de l’enfer »


Par : Khidr Omar

tombe-Mohamed-300x167[1]Effroi et grande émotion dans le monde musulman après les révélations du journal londonien The Independant qui a rapporté les conclusions d’une étude saoudienne préconisant de déplacer le corps du prophète Mohamed (que la paix et le salut soient sur lui) de la sainte mosquée de Médine vers un cimetière al-Baqi dans une tombe anonyme pour éviter tout recueillement et détruire le mausolée actuel et les chambres attenantes où vivaient ses épouses et ses filles.

En sus du choc provoqué par cette annonce de la secte wahabite qui préside aux destinées de l’Arabie saoudite depuis plus d’un siècle, ce projet a suscité une vive réaction de la part des oulémas d’al-Azhar, plus haute instance religieuse en Egypte.

Selon le plus haut membre des oulémas et ancien président de l’université religieuse d’al-Azhar, Ahmad Omar Hachem, « il est prohibé de porter atteinte aux corps des morts d’une manière générale et il est prohibé de toucher et de déplacer le corps du prophète », ajoutant que « la tombe du prophète est fixée par la religion et par Dieu. Donc, le prétexte de déplacer son corps pour élargir le lieu du pèlerinage n’est pas valable ».

Un autre haut dirigeant d’al-Azhar, Mahmoud Mhanna, a qualifié d’ « échec » le projet d’élargissement, précisant qu’il est contraire à la Sunnah et aux avis des compagnons du prophète. Mhanna a mis en garde les autorités saoudiennes en soulignant qu’une « telle mesure provoquera une division majeure, et ouvrira les portes de l’enfer aux musulmans ».

La même source a précisé que ce projet « concerne la doctrine wahabite qui est une fausse doctrine que nous ne reconnaissons pas. Le prophète ne peut être déplacé de sa place, et les penseurs éclairés doivent combattre ces idées et ces études ».

Pour sa part, le doyen de la faculté de religion d’al-Azhar à Assiout, Mokhtar Marzouki, a qualifié de « choquant » ledit projet appelant les wahabites à bien réfléchir sur les incalculables conséquences d’une telle mesure.

Ce projet visant le déplacement de la tombe du prophète Mohamed et et de ses deux compagnons Abou Bakr Essedik et Omar Ibn El Khattab est d’autant plus plausible que par le passé déjà l’Arabie Saoudite avait détruit dans les deux plus grandes villes saintes de l’Islam, La Mecque et Médine, plus de 500 mausolées, mosquées, cimetières et autres sites et vestiges d’une valeur historique inestimable, en application des thèses de Mohamed Abdelwahab.

Le hadith sur Nejd

Le prophète Mohamed nous a mis en garde contre la dissension de cet homme, Mouhammad Ibn Abdelwahab, originaire du Nejd tout comme la famille des Ibn Saoud, lorsqu’on lui avait cité la région de Nejd pour qu’il fasse des invocations de bénédiction en sa faveur. Le Prophète n’avait pas donné satisfaction à ceux qui le lui avaient demandé.

Dans ce hadith rapporté par l’Imâm al-Bukhârî le prophète a dit : « O mon Dieu, bénis pour nous la Syrie (echam) ! O mon Dieu, bénis pour nous le Yémen ». Les gens (présents) dirent alors : « Et le Nejd ? ». Il reprit : «O mon Dieu, bénis pour nous la Syrie ! O mon Dieu, bénis pour nous le Yémen! ». Ils dirent encore une fois : « Et le Nejd ? », et à la troisième fois le messager d’Allah dit : « Dans cet endroit, il y a des tremblements de terre, des séditions ; et c’est à cet endroit que se lèvera la corne du diable » (qarn al-chaytan)».

Source de l’article Agerie1

 

 

Reprendre la Mecque et Médine à l’Arabie Saoudite, une necessité vitale pour le monde musulman

La Mecque et Médine, les deux principales villes saintes musulmanes doivent-elles sortir du giron d’influence saoudien et devenir des entités indépendantes de ce royaume? C’est une question que devrait se poser tout musulman témoin ou victime des massacres commis par les islamistes armés, depuis l’Algérie des années 1990, passant par Al-Qaeda de Ben Laden à l’Etat islamique qui sème actuellement la terreur en Irak et en Syrie.

En effet, par sa doctrine et son interprétation littéraliste du Coran, le wahhabisme doctrine officielle du royaume d’Arabie saoudite, est devenu la matrice de tous les mouvements fondamentalistes musulmans, le moteur de la guerre civile inter-musulman. Un combat qui met aux prises les forces extrémistes et les forces modérées représentées par tous ceux qui ne sont pas d’obédience wahhabite.

De ce fait, chaque musulman en partance pour la Mecque et Médine, doit se dire que l’argent dépensé dans ces deux villes saintes, pourrait servir à financer les prédicateurs radicaux, voir même des actes terroristes, dont les musulmans en sont les premières et les principales victimes. Le paradoxe est là dans cette Arabie Saoudite wahhabite, prêcher la miséricorde pour les musulmans, pour financer et prêcher leur mort dans les faits. D’ailleurs, les critiques à ce sujet ne manquent pas, à l’image du dernier article de l’ancien Premier ministre français Dominique de Villepin, qui accuse le royaume wahhabite de jouer un jeu dangereux au Moyen-Orient.

Souvent pour lutter contre cet extrémisme, les intellectuels condamnent les agissements des prêcheurs radicaux, rédigent des articles, optant dans le fond pour une stratégie défensive. En effet, en menant des actions dans les territoires agressés intellectuellement par les intégristes, on ne fait que retarder l’inévitable, car si l’information et l’éducation peuvent être un bon moyen de lutter contre le fondamentalisme, il reste soumis à la concurrence des vidéos postées sur les réseaux sociaux et autres émissions de télé, financées par les pétrodollars.

Dans un monde arabe où les méthodes scientifiques de recherche d’authentification et de compréhension des textes sont absentes, expliquer la différence entre la doctrine malékite et wahhabite est mission impossible. Il suffit d’une vidéo d’un religieux saoudien, avec comme fond d’écran, Médine et la Mecque pour remettre le wahhabisme en scelle, laissant croire qu’il est le vrai Islam.

Il est donc nécessaire d’adopter une stratégie plus agressive sur le plan intellectuel et essayer de soustraire à cette doctrine sa légitimité, qui est la Mecque et Médine. En effet, pourquoi est-ce que le wahhabisme qu’on peut quantifier à un peu plus que la population d’Arabie saoudite, soit au grand maximum entre 30 et 40 millions de personnes, serait la doctrine officielle dans des villes saintes qui sont censées représenter plus d’1.6 milliard de musulmans? Pourquoi est-ce qu’un malékite, chafiite et autre devrait s’accommoder d’une doctrine minoritaire dans le monde musulman?

Demander à ce que les villes saintes de la Mecque et Médine soient indépendantes et gérées par une organisation collégiale qui représenterait la majorité des musulmans, permettrait donc d’enlever cette légitimité que se donne le wahhabisme, limitant ainsi le pouvoir symbolique de cette branche fondamentaliste. Il obligerait surement l’Arabie Saoudite à jouer un rôle plus défensif et pourquoi pas, céder ces deux villes saintes. 

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