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Au royaume des aveugles le borgne serait roi de France


Le monde entier a bien compris qu’un être humain à été assassiné en France parce qu’il a dispensé un cours sur ” la liberté d’expression ” en prenant pour illustration la publication d’une caricature provocante qui avait déjà fait des victimes auparavant et qu’il a jugé opportun de présenter au regard de ses élèves.

Certains pourraient se dire que c’est un risque qu’il a pris délibérément et librement, que personne ne l’en a contraint et qu’il l’a fait de sa propre initiative, de son libre choix. On peut penser que, vu le contexte dans lequel nous nous trouvons sur l’échiquier mondiale, en référence ici aux conflits qui ont lieux dans les pays du moyen orient et en Afrique, aux attentats terroristes qui ont touchés ces régions sans nous épargner pour autant ni les menaces explicites de la part des organisations terroristes, ni leurs attaques répétées, l’attitude de ce professeur d’histoire qui ne pouvait ignorer la situation et les risques qu’il prenait est comparable à celle d’une personne qui se jette du haut d’un précipice.

A sa place, on ne l’aurait pas fait, parce que l’on ne voit aucun courage dans le suicide, mais au contraire une forme de lâcheté. Je ne dis pas que ce professeur était un lâche, non. Il a été courageux, mais je pense que son courage était mal placé et je me demande si son attitude téméraire en valait la peine au point de risquer de priver ses élèves de ses cours et de les attrister en les plongeant dans la détresse psychologique d’un deuil.

En tant que professeur, nous pourrions considérer ne pas avoir le droit de risquer d’abandonner nos élèves et nos nobles responsabilités d’enseignant en nous exposant comme il l’a fait à des dangers inutiles. Et même si nous espérons que les forces de sécurité de notre pays sauront nous protéger, nous ne les dérangerons pas inutilement, parce que nous considérons qu’elles ont des missions bien plus urgentes et que nos ressources sécuritaires ne doivent pas être monopolisées par notre humble personne. Ceci parce que nous donnons plus de valeur à la collectivité qu’à nous-même. Nous aurions donc certainement pris un autre exemple pour illustrer notre cours sur la liberté d’expression et de penser.

Et des exemples, il n’en manque pas dans notre douce France :

Nous pourrions par exemple développer un sujet tel que celui de l’affaire Roger Garaudy, ou alors le scandale généré suite au sketch de l’humoriste Dieudonné, ou bien encore évoquer la question des révisionnistes à qui l’on a opposé une loi qui porte le nom de ” Loi Gaysso “. Mais nous aurions certainement et logiquement préféré éviter de risquer de nous engager dans une polémique aussi dangereuse que celle générée par des caricatures offensantes, ne serait-ce que pour éviter toute provocation et continuer à enseigner dans le calme afin de bien faire comprendre à nos élèves que dans notre république, il existe malgré tout des limites à la liberté d’expression et que le rôle de la justice est aussi de les faire respecter.

Le souci est que nos élèves nous demandent d’expliquer ” pourquoi en France, chacun est libre de penser ce qu’il veut, tant qu’il ne l’exprime pas au-delà des limites imposées par la loi et que nous appelons cela malgré tout la liberté d’expression ?” Et nous ne savons pas forcément répondre correctement sans que nos élèves ne démontrent une certaine incrédulité, comme cela est souvent le cas, même dans les discussions sur les réseaux sociaux.

Si nous leur expliquons que dans notre pays, il est permis de manifester librement dans les rues à condition d’obtenir une autorisation préfectorale, ils nous contredisent en nous demandant de leur expliquer pourquoi les gilets jaunes ont eu comme réponse de la part du pouvoir exécutif une répression aussi violente dans laquelle certains ont perdu la vie, d’autres ont été matraqués, passés à tabac, amputés et handicapés à vie ou emprisonnés. Il nous est difficile de leur répondre que certains rassemblements n’avaient pas les autorisations nécessaires de la part de la préfecture de police et cette réponse est nulle et non avenue. Ils nous auraient montré sur leurs téléphones portables des milliers de photos et vidéos circulant sur internet et nous nous enfoncerions alors dans un débat sans fin dans lequel nous épuiserions tous nos argument au risque de leur donner le sentiment de nous avoir vaincus. Sans parler du fait que nous ne pouvons pas consacrer une année scolaire entière sur un seul sujet.

Il est devenu pratiquement impossible de faire croire à nos élèves en 2020 que notre pays leur garanti la liberté d’expression depuis qu’ils ont constaté que même la science est censuré dans le dossier du Covid-19, puisque des médecins et scientifiques de notre pays ont été contestés dans les médias par de simples développeurs de logiciels informatiques et autres amateurs, comme ce fut le cas à l’encontre du Professeur Didier Raoult qui a présenté et mis en place un protocole simple et peu couteux permettant de neutraliser de manière très efficace les effets du Covid-19 et sa propagation. Ce qui n’arrange pas le programme de vaccination des laboratoires médico pharmaceutiques et de l’OMS financée par ces mêmes informaticiens. Toute argumentation devant les élèves en faveur de la liberté d’expression après une censure aussi flagrante est systématiquement balayée du revers de la main.

C’est peut-être par facilité, afin de remédier à ces contradiction et faire taire tout le monde que l’on a choisi de débattre sur une religion pour proposer une loi. Et pour ce faire, rien de tel que notre traditionnel bouc émissaire appelé “Islam”. Ça marche à tous les coups. Il suffit encore cette fois que nos acteurs politiques habituels le désignent pour qu’il soit évité que les regards se tournent sur les causes et les responsabilités, pour ne pas dire les responsables, de cette contradiction flagrante qui assassine la république.

Un attentat terroriste le plus barbare possible que les médias bien rodés savent parfaitement, depuis près de trois décennies, attribuer systématiquement à l’Islam, accompagné par les déclarations politiques et les analyses de chroniqueurs qui en ont fait leur fond de commerce et qui en vivent, permet effectivement de placer cette religion au premier plan, face à une foule en colère, à la barre des accusés, au tribunal du jugement populaire et à l’accompagner au pied de l’échafaud. Tout cela en faisant mine de débattre de manière démocratique sur la question de la liberté d’expression et ses règles, sans risquer d’accuser qui que ce soit parmi nos responsables politiques et leurs soutiens. C’est bien un des meilleurs moyen de leur offrir le lux de profiter de l’empressement général pour faire voter des loi telles qu’ils les désirent, avant que les tensions ne retombent et que les citoyens retrouvent la raison.

Il est cependant incertain qu’utiliser notre bon vieux “Islam” comme bouc-émissaire soit la bonne méthode à long terme si l’on souhaite sincèrement préserver nos valeurs nationales, parce que cela reviendrait toujours, de toutes façons, à marginaliser nos huit millions de concitoyens de confession musulmane et contredirait encore plus ces valeurs dont nous nous vantons. Sans compter que cela nous décrédibiliserait définitivement aux yeux du monde arabo-musulman et de nos alliés communs avec lequel nous avons de nombreux intérêts qu’il nous est impossible de sacrifier sans risquer de subir de très lourdes conséquences sur notre économie, pour ne citer que ce secteur.

On ne peut donc surtout pas mettre plus longtemps sur le banc des accusés huit millions de citoyens dans le but d’épargner à une poignée de responsables politiques les poursuite judiciaires en cours, suite à de mauvaises gestions du dossier covid-19 et celui des Gilets Jaunes.

Je pense qu’il est inutile de continuer à souligner le fait que les musulmans n’y sont pour rien, même si l’on tente de faire croire le contraire en travaillant sur des mises en scènes visant à rendre fous les plus vulnérables d’entre-eux pour les pousser à l’acte en les harcelant tout au long des années en les pointant du doigt jusqu’à les poursuivre dans l’espace publique et dans leurs lieux culturels et cultuels. Ceci est du harcèlement politique pervers et la loi française interdit le harcèlement. Mais comme les musulmans sont connus pour ne pas déposer plaintes en justice, alors les hommes politiques qui les connaissent depuis longtemps s’en donnent à cœur joie. C’est pourquoi le rôle des professeurs et de l’éducation nationale est primordiale et doit être considéré comme quelque chose de sacré.

En Islam par exemple, dans le Saint coran, Allah swt insiste sur le haut degré du professeur par rapport aux autres croyants. Celui-ci bénéficie d’un status particulier qui lui garanti le respect et une haute considération de la part de tous les élèves, leurs familles et l’ensemble de la société musulmane. Vous l’aurez compris, il est donc impossible qu’un professeur soit victime de la moindre offense de la part d’un musulman, à moins que ce dernier ne soit un ignorant total en ce qui concerne les bases même de sa religion. Auquel cas, il est permis de se poser la question de savoir si la personne qui offense un professeur ou qui lui porte atteinte est réellement musulmane. L’éducation nationale dans le cas présent est aussi placée devant sa responsabilité d’enseigner aux enfants les moyens dont ils disposent afin d’avoir recoure à la justice, même contre leur professeur ou le pouvoir exécutif si celui-ci outrepasse ses prérogatives ou commet un délit.

Si les enfants étaient armés de la connaissance de leurs droits, ils ne tomberaient jamais dans le désespoir d’une voie sans issue qui se termine parfois par un drame ou se poursuit trop souvent dans une vie de souffrances.

Toujours sur la question de ” la liberté d’expression et de penser “, si l’on souhaite vraiment revenir sur la loi, je pense que celle-ci devrait être étudiée sans qu’il soit nécessaire d’illustrer le débat par des caricatures de stratégies politiques biaisées et que l’analyse doit être menée avec sagesse et de manière réellement objective. Je suis certain qu’en France cela est possible, parce que nous avons en politique française des élus capables d’assumer correctement leurs responsabilités et de réfléchir de manière saine comme nous le voyons régulièrement.

Ce travail de recherche nécessite toutefois la mise en place, non pas d’un atelier de travail restreint, mais au contraire d’un chantier beaucoup plus vaste dans lequel toutes les spécialités utiles pourraient être invitées à participer. Encore faut-il savoir les définir correctement, ce qui n’est malheureusement pas le cas dans les clubs VIP qui ont monopolisé l’espace démocratique et qui ont tendance à regarder avec mépris toute personne ou groupe de personnes, qu’ils jugent hors norme avant de recourir à leur rejet pur et simple. Si le séparatisme ne se nourrissait pas de ces attitudes en politiques, il n’existerait surement pas.

Que la paix soit sur vous, Selem aleykoum

Smaïn Bédrouni

 

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