Afghanistan : le piège tendu à la France par les Etats-Unis d’Amérique
Au lendemain des
attentats du 11 septembre 2001, les Etats-Unis d’Amérique ont envahi
l’Afghanistan, pays de leurs anciens « camarades » et alliés :
les talibans. Leur mission était de détruire les camps d’entraînement utilisés,
semble-t-il, par les groupuscules terroristes. Dans cette guerre en
Afghanistan, les dirigeants américains seront soutenus par les principales
puissances occidentales, y compris la France. Cette dernière enverra symboliquement une
centaine de soldats, marquant ainsi son soutien à une Amérique
« agressée » et « humiliée ». L’argument français de
l’époque : « Les Américains ont été attaqués, ils sont en droit de se
défendre ; c’est de la légitime défense !» Il faut souligner que le
monde entier était encore sous le coup des émotions suscitées par ces
effroyables attentats du World Trade Center. Des attentats dont aujourd’hui une
grande partie de la planète réclame des explications sur nombre de points noirs
relevés dans le rapport officiel établi par les soins de l’administration Bush. Nous le
savions : durant sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy nous avait
affirmé que la présence militaire française en Afghanistan allait être
réétudiée et probablement rappelée au bercail, celle-ci n’étant plus réellement
nécessaire dans ce pays. Mais ça, c’était avant le vote des Français. Depuis,
que s’est-il passé ?
Le même Nicolas Sarkozy a ordonné l’envoi d’un millier de soldats
français en Afghanistan, suite à la demande express de Georges W. Bush. La France s’est donc exécutée.
Fidèle à son esprit atlantiste et pro-américain, le Président français s’est
rangé du côté de cette minorité américaine impérialiste et belliciste. D’une
présence dissuasive, en retrait par rapport à l’imposante présence américaine
et britannique, la France
est désormais passée au stade de celui d’un pays en guerre contre
l’Afghanistan, contre le peuple afghan, lui-même. François Fillon, le Premier
Ministre, dans une envolée lyrique, probablement touché par la grâce politique,
pardon la disgrâce politique !, a récemment déclaré : « Il y a
les musulmans et les autres » ; soit un nouveau remake de l’axe du
bien et de l’axe du mal retouché à la sauce locale « Françoise ».
Décidément, en France, les déclarations irresponsables, voire déplacées,
prononcées à l’emporte-pièce n’effraient plus grand monde.
Depuis l’invasion illégale et meurtrière des Etats-Unis d’Amérique
en Irak, un pays libre et souverain, l’administration Bush s’est fâchée,
révoltée et soulevée contre la
France. En effet, le Président français de l’époque, Jacques
Chirac, avait refusé de suivre les Américains dans une telle folie. Au nom du
droit prétendu supérieur de la démocratie occidentale, Georges W. Bush
s’arroge, y compris par la force, toute matière première existante sur notre
globe. Le refus français avait eu pour effet de geler, de ternir et de pourrir
les relations diplomatiques entre Paris et Washington. La suite nous la
connaissons : l’Irak est un pays dévasté, en ruines, plongé dans un chaos
social et politique terrifiants. Des centaines de milliers d’Irakiens ont
trouvé la mort dans des conditions horribles et inhumaines. Les Irakiens
souffrent le martyre au quotidien. Attentats sauvages et bombardements aveugles
se succèdent de l’aube au soir. L’Amérique est enlisée, embourbée, engluée et perdue
dans un pays dont elle ne sait rien, ne connaît rien, n’y comprend rien.
Jacques Chirac avait raison, l’Amérique a déjà perdu, y compris son âme.
L’Amérique vogue, l’âme en peine, vers un dessein meurtri, tourmenté.
Mais l’Amérique a besoin de cette pièce maîtresse qui lui fait
tant défaut : la
France. Aussi, comment, pour les compères Bush et Sarkozy,
trouver une méthode de réhabilitation des forces françaises au sein des forces
alliées américaines ? Il semblerait que le scénario de l’Afghanistan ait
été retenu. Explication : cherchant à réintégrer le commandement intégré
de l’OTAN, la France
renforce son dispositif en Afghanistan. Ses missions vont être de plus en plus
de terrain, sous commandement américain. Il y a déjà eu 10 morts, reconnus par
les autorités françaises. Des accrochages ont régulièrement lieu avec les
talibans. Bernard Kouchner a enfoncé le clou : « Malheureusement,
nous aurons d’autres pertes » a-t-il lancé en direction de l’opinion
publique. Tout est donc en place. Il faut maintenant, de manière graduée,
impliquer de plus en plus la
France. Et c’est bien évidemment dans cette perspective d’une
France en guerre contre les terroristes talibans que notre pays va s’enfoncer,
s’enliser en compagnie des Américains dans une guerre non pas au sens stricto
sensu, avec des armées qui s’affrontent ouvertement, mais dans des batailles de
guérillas, face à des résistants talibans aguerris et connaissant parfaitement
la topographie des lieux. Et la
France sera définitivement engagée aux côtés des Américains,
se battant contre des ombres, des soi-disant terroristes : puisque le choc
des civilisations tarde, il faut lui donner un coup de pouce, le provoquer, le
mettre en place, tel un puzzle, pièce par pièce. La France joue gros. Son
avenir est menacé. La guerre contre le terrorisme est un prétexte pour se
permettre tout et n’importe quoi. Piller les ressources en matières premières
des pays émergents, voilà la vraie guerre de W. Bush !
Car quel est le but, quelle est la mission de la France en Afghanistan ?
Quel est le but, quelle est la mission de l’Amérique en Afghanistan ?
Lutter contre le terrorisme ? Je rappelle que l’administration Bush, aidée
du gouvernement de Tony Blair, avait fabriqué de faux rapports tendant à
prouver que l’Irak possédait des armes de destruction massive. Voyant que le
monde avait compris la super-supercherie, W. Bush avait rectifié le tir en
prétendant finalement que l’Amérique partait au secours du pauvre peuple
irakien martyrisé par son Président Saddam Hussein. Oui, vous ne rêvez
pas ! Les Etats-Unis d’Amérique sont intervenus en Irak au nom de la
liberté et de la démocratie, sanctifiant les territoires irakiens à coups
d’obus, de missiles et de bombardements massifs ! Quelle générosité !
Quelle largesse ! Pourquoi devrions-nous, aujourd’hui, croire ceux qui,
hier, nous ont menti sans scrupules, sans gêne ? Les Présidents Bush et
Sarkozy ont un point commun : ils manient le mensonge sans remords ni
regrets. De la vie humaine, ils s’en fichent. Seul le pouvoir satisfait leur
appétit de dominer le monde.
Alors, une fois que la
France sera mouillée jusqu’au cou, auprès des Américains, il
lui faudra l’accompagner de force en Iran, prochaine cible-étape dans les
tablettes du Pentagone. Parce qu’hier l’Amérique avait un ennemi déclaré, le
communisme, elle ira jusqu’à intervenir au Viêt-Nam, avec toutes les atrocités,
les monstruosités, l’inhumanité liées à ce conflit meurtrier. Aujourd’hui,
l’Amérique s’est trouvé un autre ennemi pour exister : l’islam. La France, elle, compte plus
de cinq millions de musulmans français parmi sa population. D’autres se sont
attaqués à l’islam auparavant ; tous se sont cassés les dents.
Et si l’on repense aux premières heures noires du communisme en
Amérique, notamment par les jours sombres du maccarthysme, cela nous fait
évidemment penser à la chasse aux sorcières dont sont victimes les musulmans de
la planète et particulièrement en Europe. Il existe un autre Etat proche des
USA qui s’invente un ennemi pour justifier ses crimes et ses offensives
militaires : Israël. La tête de pont américaine implantée en 1948 par les
forces occidentales, pour glorifier et vanter les mérites d’une démocratie
militarisée, déclarée seul facteur de bonheur pour les humains. Les larmes et
les sanglots versés depuis et faisant suite aux crimes, aux massacres et aux
exactions quotidiens commis par les pieux représentants de la démocratie
occidentale, nous rappellent régulièrement les dures et cruelles vérités d’une
réalité de plus en plus insupportable, insoutenable pour tout un peuple :
le peuple palestinien. La
France n’a rien à gagner en Afghanistan. La France n’a rien à gagner à
s’aligner sur les directives de l’axe Tel-Aviv – Washington. Le piège afghan
risque de coûter très cher à la
France si le Président Nicolas Sarkozy persiste à maintenir
en Afghanistan des troupes françaises qui n’ont rien à y faire. La France doit rester l’amie
de tous les peuples et leur apporter son humanité et sa science, pas ses
bombes. Un retrait progressif des militaires français s’impose. Historiquement,
aucune puissance étrangère n’a pu s’installer durablement en Afghanistan ;
même pas la superpuissance qui était celle de l’ancienne URSS.
Touhami Moualek