Réactions majoritairement persuadées des indices de Sayed Nasrallah
10/08/2010
A signaler d’abord la position positive du bloc des députés du Courant du Futur, fondé par l’ex-Premier ministre libanais tué, Rafic Hariri, puis légué à son fils Saad qui était à l’écoute de la conférence de presse.
A l’issue de sa réunion hebdomadaire, il a dit « accueillir tous les efforts déployés pouvant contribuer à donner des informations, des données, des indices ou des preuves menant aux assassins qui ont exécuté et commandité l’assassinat du président martyr Rafic Hariri et ses compagnons ».
En appelant à user de toutes les possibilités et de toutes les hypothèses, le bloc a demandé de mettre toutes les pièces à conviction du chef du Hezbollah entre les mains du Tribunal spécial pour le Liban, qu’il a qualifié être « la partie compatible et chargée d’enquêter de poursuivre et de juger les assassins ».
Pour sa part un ex-député de ce mouvement, Moustafa Allouche avait émis des doutes quant aux révélations de Sayed Nasrallah, les qualifiant « de données circonstancielles qui ne peuvent accuser personne », soulignant toutefois qu’elles devraient être présentées à la Commission d’enquête internationale.
C’est un avis proche qui a été exprimé par le chef de la Rencontre démocratique le député Walid Joumblatt, qui a considéré que « les indices présentés par Sayed Nasrallah ont ouvert une grande porte sur la façon dont le Premier ministre Rafic Hariri a été tué ». Rappelant que c’est la résolution onusienne 1559 qui a tué le défunt Hariri, il a appelé le secrétariat général des forces de la coalition du 14 mars, dont il s’est démarqué depuis quelque temps, de prendre un moment de réflexion pour parvenir à la justice et éviter une discorde interne : « nous devons nous rappeler que c’est la résolution 1559 qui nous a menés à cette catastrophe, et il fallait avec tuer Hariri », a-t-il affirmé pour AlManar.
Même raisonnement de la part du chef du Courant patriotique libre et le leader chrétien le plus populaire au Liban, Michel Aoun, selon lequel « les informations de Sayed Nasrallah sont d’une grande valeur et devraient permettre de lancer une nouvelle enquête ; vu surtout les déboires de l’enquête internationale ».
Mais à la différence avec Joumblatt, selon Aoun « le TSL est fini depuis qu’il n’a pas marché sur le droit chemin », estimant que « l’un des point faibles de la commission d’enquête internationale est d’avoir exclue la piste israélienne ».
Parmi les leaders des forces de la coalition du 14 mars qui ont été les premiers à accuser la Syrie et les responsables des services de sécurité libanais, l’actuel ministre du travail Boutros Harb a prôné un discours plutôt ouvert, en appelant à prendre en considération les informations présentées par Sayed Nasrallah, exigeant qu’elles soient mises au service du procureur général , puis de la commission internationale, pour s’assurer de leur véracité.
Selon Harb tous les Libanais devraient s’unir et non être divisés autour des propos de Sayed Nasrallah car affirme-t-il « nous devons tous collaborer entre nous pour connaître la vérité ».
Pour un autre leader des forces du 14 Mars, le chef des Kataeb Amine Gemayel, la position est quelque peu soupçonneuse : « les éléments de Sayed Nasrallah sont des indices et non des preuves : « si la commission d’enquête a des indices, elle devrait les comparer à ceux du Hezbollah ; mais si elle a des preuves, elle peut aller de l’avant ; mais si elle n’a pas de preuves, tout le monde devrait consulter les indices de Nasrallah » a-t-il indiqué.
Du coté des journaux libanais, à signaler l’absence de positions négatives.
Pour le quotidien libanais AsSafir, Sayed Nasrallah ne s’est pas contenté d’émettre son chef d’accusation contre l’enquête internationale qui vise à désarmer la résistance, mais il a lancé un secret qui constitue un scandale pour le milieu sécuritaire et d’intelligence israéliens, en utilisant des images aériennes de l’aviation militaire israélienne. Ce qui selon le quotidien devrait avoir des répercussions en Israël.
Alors que l’organe de presse du Courant du Futur, le journal Al-Moustakbal a mis l’accent sur les propos du chef du Hezbollah dans lesquels il signale présenter des indices d’accusations et non des preuves tangibles.
Quant au journal AlAnwar également proche du Futur, il s’est surtout arrêté sur les aveux d’un agent libanais du Mossad Ahmad Nasrallah qui a révélé avoir été chargé de faire croire au défunt Hariri que le Hezbollah voudrait le tuer dans les années 90.
Du côté arabe, le quotidien arabophone publié à Londres AlQuds Alarabi, a jugé que le secrétaire général du Hezbollah comme étant un analyste stratégique et militaire exceptionnel, estimant qu’il a été très persuasif dans sa présentation des faits qui soupçonnent Israël d’avoir tué Hariri. S’interrogeant sur les raisons pour lesquelles jamais la piste israélienne n’a été envisagée par l’enquête internationale le journal s’est rallié à la position du numéro un du Hezbollah, estimant que la résistance est la cible du TSL comme l’a été la Syrie auparavant, pour de buts politiques.
Parmi les intellectuels arabes qui se sont prononcés, Hassan Nafaa, un professeur en sciences politiques à l’université du Caire: “ ce que Sayed Nasrallah a dit sème des soupçons sur l’impartialité de la commission d’enquête qui a accusé la Syrie, s’est avéré être menteuse, et se met aujourd’hui à accuser le Hezbollah ».
Et de conclure que les indices présentés par le numéro un du Hezbollah devraient contraindre la commission d’enquête internationale de prendre son temps pour ouvrir une enquête avec Israël.
Source : WWW.ALMANAR.COM.LB
Articles liés :
– La gifle : "Israël" choqué après la révélation du secret stratégique du Hezbollah
– Sayed Nasrallah a révelé en image les surveillances israéliennes de Rafic Hariri
– Sayed accuse Israël, preuves à l’appui: ce lundi 20h30