Evo
Morales déclare l’ambassadeur US
« persona non grata » pour menées séparatistes
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déclaré ce mercredi l’ambassadeur des Etats-Unis, Philip Goldberg,
« persona non grata » pour avoir conspiré contre la démocratie et
favorisé la division de la Bolivie, et il a donné comme instruction au
chancelier David Choquehuanca de notifier immédiatement au diplomate
l’obligation de quitter le pays.
« Sans crainte de personne, sans crainte de l’empire,
aujourd’hui devant le peuple bolivie, je déclare monsieur (Philip)
Goldberg, ambassadeur des Etats-Unis, persona non grata », a déclaré
Evo Morales au Palais Quemado à l’occasion du lancement du programme
« Mon Premier Emploi », lequel a pour objectif d’augmenter les
possibilités d’emploi pour les jeunes dans le pays.
Le chef de l’état a en outre donné comme instruction au
chancelier bolivien, conformément aux règles légales et diplomatiques,
de faire connaître dans la même journée à Philip Goldberg la décision
du gouvernement bolivien et de son Président constitutionnel afin qu’il
s’en retourne dans son pays.
« Nous ne voulons pas de gens qui
favorisent le séparatisme et la division, ni qui conspirent contre
l’unité du pays ; nous ne voulons pas de gens qui portent atteinte à la
démocratie », a affirmé le Mandataire [Evo Morales], au moment où il
recevait les applaudissements des dizaines de personnes qui assistaient
à la la réunion.
Dans toute l’histoire bolivienne, jamais un Président
de la République n’avait déclaré « persona non grata » un ambassadeur
américain ; bien au contraire les diplomates de cette nation avaient
tellement d’influence dans la politique interne de la Bolivie qu’ils
allaient jusqu’à décider de la nomination des ministres, un fait que le
Mandataire lui-même a dénoncé à plusieurs reprises.
À quelques heures du retour des Etats-Unis, mardi
dernier, du dirigeant civil Branco Marinkovic, des hordes
d’autonomistes et de délinquants ont semé la haine, la terreur, le
pillage et causés des affrontements dans le centre de la ville de Santa
Cruz et dans d’autres régions de la zone appelée « la demi-lune »,
prenant d’assaut des organismes d’état qui ont été pratiquement
détruits.
Le mardi et le mercredi, les autonomistes et les
délinquants ont pillé dans Santa Cruz l’Institut National de la Réforme
Agraire (INRA), le Service des Impôts Nationaux (SANS), l’Entreprise
Nationale de Télécommunications (Entel) et la Télévision bolivienne, le
Centre d’Études Juridiques et de Recherche Sociale (CEJIS), et ont
brûlé la porte du bâtiment de Radio Patria Nueva.
Dans d’autres régions de « la demi-lune » [les
émeutiers] ont envahi plusieurs postes de douane, trois aéroports, la
Superintendance des Hydrocarbures ; ils ont attenté contre le gazoduc
servant à l’exportation [de gaz] vers le Brésil ; en Tarija, ils ont
tenté de prendre d’assaut le Marché Paysan où fonctionne le Réseau
Patria Nueva.
Goldberg – Kosovo
Le Président de la République a rappelé que l’actuel
ambassadeur des Etats-Unis en Bolivie, avant d’être accrédité dans le
pays, avait été chef de la mission américaine à Pristina, au Kosovo,
d’où il a consolidé le démembrement de ce qui avait été la Yougoslavie.
Goldberg avait présenté ses lettres de créances devant
le président Evo Morales le 13 octobre 2006 avec un retard de deux
semaines.
Mais trois mois avant son arrivée en Bolivie, alors
qu’il était encore encore à Pristina comme chef de la mission des
Etats-Unis au Kosovo, il se disait déjà que le nouvel ambassadeur
américain désigné par George Bush pour la Bolivie viendrait pour
prendre parti dans le processus séparatiste qui commençait à se
développer pour abattre le régime bolivien, comme l’avaient alors
expliqué plusieurs médias.
Evo Morales a déclaré aujourd’hui que dans le pays
Goldberg représentait l’autorité externe (diplomatique) qui organise la
division de la Bolivie et qui conspire contre la démocratie et l’unité
du pays.
« Celui qui conspire contre la démocratie et surtout
qui cherche à diviser la Bolivie, c’est l’ambassadeur des Etats-Unis,
je veux vous le dire, soeurs et frères, ce monsieur est un expert pour
ce qui est d’encourager les conflits séparatistes », a dénoncé le
Président.
Qui est Goldberg ?
Selon le curriculum vitae distribué officiellement par
l’Ambassade des Etats-Unis à La Paz, Philip Goldberg a pris part aux
débuts de la guerre civile yougoslave qui a explosé dans la décennie
des années 90, jusqu’à la chute et à la mise en accusation du président
serbe Slobodan Milosevic.
Entre 1994 et 1996 il s’est activé comme
« fonctionnaire interne » du Département d’État en Bosnie, période dans
laquelle a explosé le conflit entre les séparatistes albanais et les
forces serbes et yougoslaves.
Dans cette même période il a travaillé comme
collaborateur particulier de l’ambassadeur Richard Holbrooke, celui qui
a été l’artisan de la désintégration de la Yougoslavie et de la chute
de Milosevic. « Dans cette dernière fonction », a informé l’ambassade
américaine « il a été membre de l’équipe de négociateurs américains
dans la préparation de la conférence de paix de Dayton et chef de la
délégation américaine à Dayton ».
L’Ambassadeur Goldberg a aussi été fonctionnaire
politique et économique à Pretoria en Afrique du Sud, puis ensuite
fonctionnaire consulaire et politique à l’ambassade des Etats-Unis à
Bogota en Colombie, où il a commencé à s’investir dans la politique
latino-américaine.
Après avoir exercé la charge de conseiller à
l’ambassade des Etats-Unis à Santiago du Chili de 2001 à 2004, Goldberg
est retourné dans les Balkans pour diriger la mission américaine à
Pristina, la capitale du Kosovo, où il a soutenu la mise en accusation
devant le Tribunal de la Haye de l’ex-dictateur Milosevic (décédé le 11
mars 2006.
Du Kosovo à la Bolive
Selon les articles de presse, avant sa nomination en
Bolivie, Goldberg a travaillé depuis le Kosovo pour la séparation entre
la Serbie et le Montenegro qui s’est produite en juin de l’année passée
et qui était le dernier symptome de la disparition de la Yougoslavie.
La disparition de la Yougoslavie s’est déroulée tout au
long d’une sanglante décennie de guerre civile enclenchée à partir de
processus « de décentralisation » et « d’autonomies » qui se sont
finalement imposés avec l’intervention militaire américaine et la
présence de troupes de l’OTAN et des nations unies qui ont occupé les
Balkans pour « pacifier » la région.
La guerre civile yougoslave a eu comme caractéristique
principale le « nettoyage éthnique » qui a consisté à expulser et
détruire les anciens groupes éthniques qui composaient les territoires
de l’ex-Yougoslavie. La plus cruelle de cette extermination ethnique
s’est produite entre Serbes et Croates.
La Bolivie souffre actuellement d’un processus exacerbé
de racisme et de menées séparatistes, très semblables à ce qui s’est
produit dans les Balkans et qui s’est développé depuis la ville
orientale de Santa Cruz où commande une élite composée, entre autres,
par des chefs d’entreprise d’origine croate qui ont créé un mouvement
fédéraliste appelé « Nation Camba ».
Un des principaux chefs de ce mouvement séparatiste est
Branco Marinkovic, chef d’une entreprise agro-industrielle et
partenaire de capitalistes chiliens, qui est à la tête du Comité
Civique de Santa Cruz, entité qui dirige ces menées séparatistes en
exerçant de fortes pressions contre le gouvernement d’Evo Morales.
10 septembre 2008 – Agencia Boliviana de Informacion – Vous pouvez consulter cet article à :
http://abi.bo/index.php?i=noticias_…
Traduction de l’espagnol : Brisa Marina
