La tension monte en Nouvelle-Calédonie



La tension monte en Nouvelle-Calédonie

Un gendarme a été blessé par balle ce mercredi
en Nouvelle-Calédonie au cours d’affrontements avec le syndicat
indépendantiste USTKE. Un nouvel escadron de gendarmerie doit être
envoyé sur place en fin de semaine. A l’origine des affrontements,
l’emprisonnement pour un an ferme du président du syndicat, Gérard
Jodar. Ce dernier a été jugé pour entrave à la circulation d’un aéronef
alors qu’il protestait contre le licenciement d’une employée de la
compagnie aérienne locale Aircal.

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Après
la Réunion, la Guadeloupe, la Martinique, est-ce le tour de la Nouvelle
Calédonie de connaître de sérieux troubles ? Un gendarme y a été blessé
par balle ce mercredi au cours d’affrontements avec le syndicat
indépendantiste USTKE (Union syndicale des travailleurs kanak et des exploités).

Ce dernier bloque depuis une semaine les routes calédoniennes pour
protester contre l’emprisonnement de son président, Gérard Jodar, et la
tension est désormais très vivre entre protestataires et forces de
l’ordre. Les heurts les plus violents ont eu lieu à la tribu de
Saint-Louis, à la périphérie de Nouméa. Les incidents ont aussi touché
mercredi une cité au nord de Nouméa, Montravel.

A l’origine des troubles, le licenciement pour faute d’une employée
de la compagnie aérienne locale Aircal, jugé abusif par l’USTKE. Le 28
mai, une action du syndicat sur l’aérodrome de Magenta a valu à son
président douze mois d’emprisonnement ferme pour entrave à la
circulation d’un aéronef, déclenchant le mouvement actuel de
protestation des militants de l’USTKE. Quelques semaines auparavant,
une condamnation à trois mois fermes pour de précédents mouvements
avait été confirmée en cassation.

Pénurie de denrées, embouteillages montres

L’une des cibles des blocages est la zone industrielle de Ducos,
poumon économique de Nouméa, dont les accès sont presque
quotidiennement entravés. Le port, site névralgique de l’économie
calédonienne, est lui aussi paralysé et plus d’un millier de conteneurs
sont en souffrance. Dans les magasins, certains produits tels que
farine, oeufs, gaz ou pain commencent à manquer, tandis que de nombreux
chantiers du BTP sont arrêtés. L’île souffre également d’embouteillages
monstres.

A la demande du Haut-Commissaire Yves Dassonville, nommé en novembre
2007 après l’élection de Nicolas Sarkozy, un nouvel escadron de
gendarmes mobiles, s’ajoutant aux quatre ordinairement sur place, sera
envoyé en fin de semaine, a-t-on appris ce mercredi auprès du
secrétariat à l’Outre-mer.



Pour Yves Dassonville, "Aircal est un prétexte. Ce qui est
fondamentalement recherché par l’USTKE, c’est créer de la tension".
Louis Kotra Uregei, leader du Parti travailliste, émanation politique
de l’USTKE, a en réponse appelé à la "poursuite de la mobilisation",
accusant Yves Dassonville "d’attiser le feu de la confrontation".

Pour éviter l’embrasement, Philippe Gomes, président du gouvernement
local, a reçu ce mercredi soir des représentants de l’USTKE et le
président d’Aircal.

Référendum d’autodétermination

Tout en accusant l’USTKE d’être "dans une démarche d’affrontement
systématique", la secrétaire d’Etat à l’Outre-mer Marie-Luce Penchard a
estimé qu’il y avait chez les acteurs politiques locaux, "une volonté
de maintenir la stabilité politique".

Ces troubles s’inscrivent en parallèle au calendrier des accords de
Nouméa de 1998, signés par le gouvernement Jospin, le FLNKS et les
non-indépendantistes. Ces accords détaillent un processus de
décolonisation devant aboutir, entre 2014 et 2018, à un référendum
d’autodétermination. L’USTKE n’en n’est pas signataire.



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