La Barbarie du Maroc

Déjà 7 morts et des centaines de blessés dans un massacre
de sahraouis

La Barbarie du Maroc

Les forces coloniales marocaines ont investi,
hier matin, le camp de Gdaim Izik à l’est Al Ayoun occupée, où se sont
établis 25 mille Sahraouis. Cette énième agression est synonyme de la
volonté réelle du colon à ne pas en finir avec ce conflit.

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9 Novembre 2010 Au moins sept morts, dont une
femme, des centaines de blessés et disparus, de multiples véhicules,
tentes et maisons incendiées par les forces marocaines dans la capitale
du Sahara occidental, Al Ayoun occupé, selon les premiers rapports
établis par les différents organismes de soutien sur les lieux.
D’autres villes du Sahara occidental occupé sont en effervescence,
a-t-on également appris de même source. Les forces coloniales
marocaines ont investi, hier matin, le camp de Gdaim Izik, à 12 km à
l’est Al Ayoun occupée, où se sont établis, depuis plus de deux
semaines, plus de 25 mille Sahraouis. Cette énième agression, qui
intervient le même jour où sont prévus les négociations entre le front
Polisario et le Maroc à New York, aux Etats-Unis, est synonyme de la
volonté réelle du colon à ne pas en finir avec ce conflit. Le message
est donc clair. Le Maroc n’ira à la table des négociations que pour des
raisons « protocolaires », sommes-nous tentés de dire. Au même moment
un massacre de la population sahraouie a été annoncé, et la crainte
qu’il se poursuive demeure. La capitale du Sahara occidental, El Ayoun
est en état de siège et ses habitants encerclés dans le camp de Gdaim
Izik. Selon nos informations, personne n’y a accès. A ce titre, nous
apprenons que même le député-maire de Gonfreville l’Orcher en a fait
les frais. Il s’est retrouvé immobilisé à l’aéroport de Casablanca par
les autorités marocaines et a été empêché de prendre son avion pour El
Ayoun, a-t-on appris, hier, de l’Association française de soutien au
peuple sahraoui. À partir des hélicoptères, les autorités coloniales
ont lancé, dimanche, un ultimatum d’évacuation aux 25 mille résistants
pacifistes. La tension monte. Et la machine d’oppression marocaine,
semble-t-il, n’a pas hésité à recourir aux armes, comme à l’accoutumée,
en entravant ainsi toutes les lois internationales en vigueur. D’autant
plus que des témoins ont rapporté des violents affrontements entre les
civils sahraouis et les différentes forces de sécurités coloniales.

Le camp en question où s’est réfugiée la population sahraouie, a pris
feu. Les gendarmes marocains s’en sont également pris aux activistes
des droits de l’Homme, dont Naama Asfari, co-président du Comité pour
le respect des libertés et des droits de l’Homme au Sahara occidental
(Corelso), en sus d’autres qui ont été arrêtés. « Les militaires tirent
à balles réelles dans la ville d’El Ayoun, il y a des morts qui sont
chargés sur des camions sur l’avenue Smara », a indiqué l’Association
de soutien à un referendum libre et régulier au Sahara occidental
(Arso). Les forces marocaines ont investi, hier matin dès 7 h, le
campement d’El Ayoun et ont commencé le démantèlement par la force, a
annoncé Ignacio Cembrero, un journaliste espagnol qui se trouvait sur
place. Selon les mêmes témoins, les blessés se comptent par centaines,
dont la majorité a été évacuée en urgence pour des soins. Un autre
témoin, d’un pays occidental ayant requis l’anonymat, joint hier par
notre rédaction, a confirmé l’état de siège dont lequel se trouve la
capitale El Ayoun. Il dira « j’ai aperçu des fumées et les gens m’ont
indiqué qu’il s’agissait du siège de la télévision et du marché couvert
de la ville qui ont brûlé ». Hier vers 13h, dit-il, une dizaine de
camions militaire avaient pris la direction des camps, certainement
vers les camps, a-t-il ajouté. Et de poursuivre « j’ai également
constaté un mouvement de protestation des jeunes dans la ville, ue les
policiers ont tenté de contrôler ».Dans un communiqué, le représentant
du front Polisario en France, Omar Mansour, a appelé la communauté
internationale, les Nations unies, l’Union européenne et la France à
intervenir en « urgence », pour, a-t-il souligné, arrêté ce «massacre
de civils innocents et désarmés».

Le gouvernement sahraoui dénonce
Le gouvernement de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) a
qualifié de « crime inqualifiable » et d’« acte barbare » l’attaque
lancée lundi dernier à l’aube par les forces marocaines contre le camp
de Gdaim Izik (camp de la liberté), et lance un « appel urgent » au
Conseil de sécurité de l’ONU pour qu’il exige du Maroc de mettre terme
à cette agression. « Devant cette situation grave et ce crime
inqualifiable, le gouvernement de la RASD lance un appel urgent à la
communauté internationale, en particulier au Conseil de sécurité des
Nations unies pour qu’il exige du Maroc de mettre un terme à cet acte
barbare commis contre des populations civiles sans défense », a
souligné le gouvernement sahraoui dans un communiqué. Le gouvernement
de la RASD a lancé également un appel à toutes les organisations de
défense des droits de l’Homme, de la société civile et à tous les
milieux épris de paix et de justice à travers le monde pour « venir en
aide à une population en détresse ». « Il est condamnable que tout cela
se passe au vu et au su de la MINURSO sans qu’elle se prononce ou, au
moins, informe l’opinion internationale", a déploré, par ailleurs, le
communiqué.

Le CNASPS condamne une «répression criminelle»
Le Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui
(CNASPS) a jugé, hier, "intenable" la situation au Sahara occidental et
dénoncé la "répression criminelle" des forces marocaines contre les
Sahraouis du "camp de la liberté" érigé près de la ville d’El Ayoun
occupée. "Au moment même ou débute dans la banlieue de New York, la 3è
réunion informelle, sous l’égide de l’ONU, entre le Front Polisario et
le Maroc, la population civile sahraouie, vivant dans les territoires
sahraouis occupés (…), fait l’objet d’une répression criminelle,
horrible, dure et féroce de la part des forces coloniales marocaines"
qui a causé de nombreuses victimes, dont des femmes, des enfants et des
vieillards, a déplore le CNASPS dans un communiqué. Il a souligné que
la situation est "intenable"dans les territoires sahraouis occupés, du
fait que le Maroc "érige de nouveaux obstacles pour perpétuer le statu
quo et adopte une attitude négative, de confrontation et de défis à la
communauté internationale".

Les étrangers interditsd’accès à Al Ayoun
La presse et les observateurs étrangers ont été interdits d’accès aux
territoires occupés, notamment à la ville d’El Ayoun, ce dimanche, même
les eurodéputés, qui étaient présents sur les lieux, ont été refoulés,
a-t-on appris hier. Les autorités marocaines ont procédé « sans
ménagement » à l’expulsion de ces derniers. Nous apprenons, par
ailleurs, que le député-maire de Seine-Maritime, maire de Gonfreville
l’Orcher jumelée avec Jefria, daïra de la wilaya de Dakhla dans les
camps de réfugiés de Tindouf, a été reconduit en France, hier à 7h du
matin, après avoir été bloqué, dimanche , à l’aéroport de Casablanca
lors de son transit vers El Ayoun occupée.

Par : Massinissa Benlakehal

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