Une "ex-diplomate" libyenne persona non grata interpellée à son domicile (avocat)
PARIS, 12 mai 2011 (AFP) – Une des 14 "ex-diplomates" lybiens déclarés persona non grata par Paris, qui refuse d’être expulsée, a été interpellée à son domicile des Hauts-de-Seine jeudi, une arrestation que son avocat et l’une de ses filles qualifient d’"enlèvement", ont-ils dit à l’AFP.
L’avocat de Toraia Ben Saleem, Me Philippe Missamou, a maintenant l’intention d’engager devant le TGI de Paris une action "en référé pour obtenir que soit mis fin à sa détention arbitraire" et d’"attaquer le ministre de l’Intérieur (Claude Guéant) et des Affaires étrangères (Alain Juppé) pour voie de fait", a-t-il expliqué.
Parallèlement, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), qu’il avait saisie de l’affaire lundi, lui a répondu mercredi en l’informant qu’elle avait demandé au gouvernement français de lui transmettre avant "18H00 ce jour" des "renseignements complémentaires" sur "le déroulement de la procédure", les options "si elle ne quitte pas de son plein gré le territoire français", et le "recours" dont elle dispose "en droit interne", a-t-il détaillé.
Selon lui, la CEDH n’a pas reçu de réponse dans le délai imparti.
"Ils ont enlevé ma mère sans pitié", a raconté, en pleurs, une des filles de Mme Ben Saleem, Saada el-Sabri, étudiante anglo-libyenne de 31 ans.
"Nous dormions ce matin lorsqu’on a frappé à la porte, nous avons naïvement ouvert la porte, des policiers sont entrés, ma mère est tombée dans les pommes, ils l’ont tirée sur le palier, ils nous ont empêchés de téléphoner à nos avocats. Nous ne savons pas où elle a été emmenée", a-t-elle affirmé.