par les urnes !
Héry Djéhuty Séchat
mouvance antisioniste et appelant l’électeur (par sa composition hétéroclite) à
transcender les traditionnels et désormais désuets clivages politiques
gauche/droite, la liste Dieudonné avec ses 1,3% de votes a connu ce dimanche ce
qu’il serait convenue d’appeler, une “légère” déconvenue.
Précisons
d’emblée qu’il n’est pas dans l’intention du Mouvement des Damnés de
l’Impérialisme (M.D.I) de se gargariser de cette « mini-débâcle » électorale,
pour la simple et bonne raison que notre mouvement entretient des relations plus
que cordiales avec la majorité des membres de cette liste dont au premier chef
sa tête de liste, Dieudonné.
Cette mise au point établie, nous aurions
pourtant tort de nous dispenser d’une analyse fine et approfondie de ce dernier
scrutin. Essayons donc de tirer les enseignements de ces dernières
élections.
1- Le processus électoral est bel et bien l’arme de
l’impérialiste.
Parce qu’il est celui qui définit les règles et contrôle
également les masses via ses relais médiatiques et institutionnels,
l’impérialisme a tout intérêt à emmener son adversaire sur le terrain glissant
et faussé de la factice expression électorale démocratique.
Le système démocratique est leur « chose », leur création, il paraît donc en
conséquence plus qu’illusoire et totalement vain de chercher à les vaincre sur
leur propre terrain et en suivant des règles définies par leurs soins.
Et
ce n’est pas la campagne de diffamation publique ou pire encore de harcèlement
physique, mise en place par la partie adverse au mépris des règles les plus
élémentaires de l’éthique politique qui infirmera notre argumentaire…
2-
Plus important que l’unité contre le sionisme, la finalité de la
lutte.
Mais quel est donc l’objectif de la lutte? Une simple correction à
la marge des imperfections de la République ? La défense du plein exercice de la
liberté d’expression pour l’ensemble des citoyens ?
A vouloir lutter
contre un système au nom d’une idéologie directement issue de cette même
matrice, n’y a t-il pas comme une énorme contradiction ? Autrement dit, le
républicanisme parlementaire, produit politique des loges francs-maçonnes
mérite-t-il de notre part le moindre engagement ou esprit de sacrifice
?
Finalement, quelle différence entre le discours d’assimilation
républicaine émanant des agents de l’Etat et les interventions de certains
membres de la Liste Antisioniste pourfendant les solidarités communautaires au
nom du creuset républicain ?
En agissant de la sorte n’a-t-on pas ainsi
entretenu le flou, vidé une partie de la moelle subversive de cette liste,
créant ainsi les conditions favorables au développement d’une abstention de la
frange la plus en rupture avec le discours républicain ? Quoiqu’il en soit le
questionnement demeure.
3- Déplacer l’insurrection des urnes aux
rues
Une seule lutte doit nous mobiliser, celle qui vise ni plus ni moins
à la destruction pure et simple de cette matrice faussement représentative des
intérêts du peuple.
La liste antisioniste visait juste, en ce sens
qu’elle redéfinissait de la façon la plus pertinente la ligne de fracture du
champ politique entre sioniste et antisioniste.
Une fois cette nouvelle
ligne de démarcation validée et intégrée, il s’agit pour tous les mouvements se
réclamant de l’idéal antisioniste de faire œuvre de pragmatisme en évitant au
maximum les inutiles dispersions.
Car ne nous y trompons pas, si l’on
peut considérer la domination du lobby comme résultant principalement de
l’ignorance des masses, cette domination découle également de la résignation et
du fatalisme de « ceux qui savent ».
Tout l’enjeu réside donc dans notre
capacité à mobiliser l’ensemble des forces authentiquement insurrectionnelles de
ce pays. Les dernières émeutes de 2005 et la peur bleue qu’elles ont pu inspirer
aux décideurs politiques de ce pays, nous indiquent très clairement la voie à
suivre et l’endroit du territoire sur lequel nous devons concentrer
politiquement tous nos efforts…
Et comme l’on attire pas les mouches avec
du vinaigre, il va s’en dire que la dialectique républicaine et tout ce qu’elle
peut évoquer de principes ronflants, chimériques et plein d’hypocrisie, ne peut
décemment pas mobiliser les foules pragmatiques des quartiers.
Bien au
contraire, c’est en axant plus que jamais notre discours sur la nécessite du
retour à nos cultures d’origines, préalable indispensable à tout engagement
valable contre l’impérialisme, que nous arriverons à concerner et réveiller les
masses des quartiers.
Réaffirmer plus que jamais dans les quartiers les
valeurs du panafricanisme, du panarabisme et des autres cultures authentiquement
originelles, demeurent la seule voie à même de sensibiliser les esprits et de
mobiliser les énergies.
C’est là la voie tracée par le MDI.
C’est
en suivant cet angle d’attaque que le changement s’opèrera, pourvu que toutes
les composantes ethniques concentrent leurs énergies, non pas dans la stérile
défense d’une mortifère idéologie républicaine, mais bel et bien dans la lutte
groupée contre l’ennemi commun.
Des urnes à la rue, sachons ainsi
déplacer le combat en adoptant des approches complémentaires. La liste Dieudonné
a sonné le tocsin, accélérons la cadence et l’intensité des coups pour que la
rue porte cette fois-ci l’estocade finale.