🔮 Quand certains responsables politiques rabaissent la France
 puis accusent l’AlgĂ©rie pour dĂ©tourner le regard 19 avril 2025

Ce texte ne saurait ĂȘtre un pamphlet contre une nation, mais un miroir tendu Ă  ceux qui prĂ©tendent l’incarner tout en la trahissant. La France reste un grand pays, avec une histoire immense, un peuple courageux, une culture riche. Mais certains responsables politiques, Ă  force d’oublier la noblesse de leur mission, se sont mis Ă  la hauteur de leurs calculs, et non de leurs principes.

PlutĂŽt que d’assumer les responsabilitĂ©s qui leur incombent — la montĂ©e des inĂ©galitĂ©s, l’abandon des territoires, la fracture rĂ©publicaine — ils ont trouvĂ© une parade commode : dĂ©signer l’AlgĂ©rie. Non pour ce qu’elle fait, mais pour ce qu’elle reprĂ©sente. Une mĂ©moire indocile. Une voix qui ne baisse pas les yeux. Une histoire qui ne se laisse pas dicter.

Ce n’est pas l’AlgĂ©rie qu’ils combattent, mais une idĂ©e de la dignitĂ© qui leur Ă©chappe.

Quand un ministre parle de « problĂšme d’intĂ©gration », quand un autre estime que l’AlgĂ©rie devrait « faire profil bas », il ne s’agit pas de diplomatie, mais de stratĂ©gie intĂ©rieure. Ces mots sont des projectiles lancĂ©s Ă  l’opinion. Ils disent : « Regardez lĂ -bas ». Pendant qu’ici, les inĂ©galitĂ©s s’aggravent, les services publics se dĂ©labrent, et la parole politique se vide.

Ce dĂ©placement du regard est une mĂ©canique ancienne. Mais dans un monde saturĂ© d’images, de rĂ©seaux, d’influence et de fatigue dĂ©mocratique, il devient encore plus efficace. On recycle des rĂ©cits Ă©culĂ©s. On rĂ©active les stigmates. On parle de virilitĂ© politique pour masquer l’impuissance des idĂ©es. Et dans ce jeu, certains acteurs Ă©trangers, y compris dans le monde arabe, n’hĂ©sitent pas Ă  souffler sur les braises. Car affaiblir la relation franco-algĂ©rienne, c’est affaiblir un pont historique entre les peuples — et donc renforcer certains monopoles d’influence.

Or affaiblir ce lien, c’est aussi affaiblir la France. Car l’AlgĂ©rie n’est pas un pays lointain : elle est dans la mĂ©moire de millions de citoyens français, dans les prĂ©noms de la RĂ©publique, dans les visages de l’école publique, dans les mains de ceux qui bĂątissent, soignent, enseignent, protĂšgent. Et nier cette rĂ©alitĂ©, c’est nier une partie de soi-mĂȘme.

Alors que reste-t-il ? Il reste le silence lucide. Le refus de rĂ©pondre Ă  l’agitation par l’agitation. L’obstination Ă  croire en la dignitĂ© des peuples. Et la certitude qu’un jour, chaque Ă©poque devra rĂ©pondre de ce qu’elle aura semĂ©.

Car ce n’est pas l’AlgĂ©rie qui est atteinte par ces manƓuvres : c’est la France elle-mĂȘme. Et l’Histoire — la vĂ©ritable, celle qui observe avec patience et juge sans passion — en tirera les enseignements. MĂȘme en matiĂšre d’incompĂ©tence ou d’imposture, ce ne sont pas les nations qu’on salit, mais les Ă©poques qu’on abĂźme.

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