Alger rejette toute ingérence dans le Sahel

Le conseiller du président de la République
l’a affirmé hier

Alger rejette toute ingérence dans le Sahel

Kamel Rezzag-Bara, conseiller auprès du président
de la République a dirigé la délégation algérienne aux travaux de la
réunion du groupe de contact bilatéral de coopération
algéro-britannique dans le domaine de la lutte contre le terrorisme.

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«Nous pensons que les pays de la
région du Sahel sont les premiers concernés par la coordination des
efforts de lutte contre la menace du terrorisme et nous rejetons
absolument toute tentative d’ingérence qui risquerait de transformer
une menace locale à une menace d’une autre nature », a souligné, hier,
Kamel Rezzag-Bara, conseiller auprès du président de la République qui
intervenait sur les ondes de la chaîne III de la Radio nationale depuis
Londres, où il a dirigé la délégation algérienne aux travaux de la
réunion du groupe de contact bilatéral de coopération
algéro-britannique dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. Le
conseiller du chef de l’Etat assure que les pays du Sahel « ont la
pleine capacité de maîtriser les réponses appropriées » à la menace
terroriste dans la région. De ce fait, Kamel Rezzag-Bara, réitère la
position de l’Algérie exprimée en plusieurs occasions et souligne que
« nos partenaires majeurs comme la Grande-Bretagne et les Etats-Unis
sont parfaitement conscients de la justesse de cette position tout
comme nos partenaires régionaux comme l’Union africaine ». L’invité de
la radio estime que le partenariat est « absolument essentiel » en
raison de la nature de cette menace et ses jonctions avec les autres
phénomènes qui font peser de grands dangers à toutes cette région. Mais
pour le conseiller du président de la République, dans ce partenariat,
il revient « aux pays de la région de déterminer ses termes de
références et ce ne sont pas aux acteurs extrarégionaux de nous les
fixer ».

Dans ce contexte, il rappelle les initiatives prises par
l’Algérie pour coordonner les efforts des pays de la région dans la
lutte contre le terrorisme, notamment la tenue, en mars dernier à
Alger, de la conférence des ministres des Affaires étrangères des pays
du Sahel « où une feuille de route a été adoptée et qui a abouti à la
mise en place de structures de réponse à cette menace » et note que les
pays de la région sont d’accord pour soutenir les initiatives
algériennes visant à fédérer leurs efforts de lutte contre cette menace
importante « qui en train de s’étendre, notamment sa jonction avec la
grande criminalité organisée ».
Au
sujet de la nébuleuse terroriste « al-Qaïda au Maghreb islamique », qui
a fait de la région du Sahel sa zone de prédilection et qui a fait de
la prise d’otage avec une exigence de paiement d’une forte rançon pour
leur libération, Kamel Rezak-Bara estime que cette organisation
terroriste est « est une menace qu’il ne faut ni exagérer ni ignorer »,
rappelant que l’initiative prise par l’Algérie pour l’incrimination du
payement des rançons aux groupes terroristes pour la libération des
otages est partagée par les Britanniques qui « épousent absolument
notre point de vue et développent la même approche ». Selon lui, de
plus en plus de partenaires importants sur la scène internationale
soutiennent l’initiative algérienne. Evoquant l’expérience de l’Algérie
en matière de lutte contre le terrorisme, Rezzag-Bara a noté que le
pays a développé une « connaissance approfondie » de la nature du
terrorisme et de ses modes opératoires, affirmant que l’expertise de
l’Algérie en matière de lutte contre le terrorisme « est à la
disposition de toute la communauté internationale ». Il relève que
grâce à cette connaissance approfondie du phénomène « beaucoup de pays
nous sollicitent justement pour un échange d’expériences et
d’expertise », estimant que « l’Algérie a payé très lourdement cette
expertise ». Le conseiller du chef de l’Etat estime que pour éradiquer
le terrorisme, « en parallèle de l’aspect sécuritaire, la priorité doit
être donnée au traitement politique », rappelant que la politique de
paix et de réconciliation nationale, initiée par le président de la
République, M. Abdelaziz Bouteflika, a permis de mettre un terme à la
tragédie qu’a vécue l’Algérie et d’ôter, définitivement, toutes formes
de couverture politique ou d’alibi idéologique aux activités
terroristes. Insistant sur les amalgames qu’il qualifie de « dangereux
et parfois inacceptables », qui peuvent être établis dans le cadre de
la lutte mondiale contre le terrorisme, il souligne que « lier le
terrorisme à l’islam ou aux Arabes est une chose tout a fait exclue »,
relevant que l’Algérie défend toujours le principe que la lutte contre
le terrorisme « doit être menée dans le respect des valeurs
religieuses et civilisationelles de nos populations ». Sur la
coopération entre l’Algérie et les Etats-Unis dans le volet de la lutte
contre le terrorisme, il assure que les contacts « se sont toujours
développés dans un cadre de compréhension » et remarque « les efforts
qu’a fait l’Algérie et ses succès réalisés dans sa confrontation avec
le terrorisme font maintenant que les Etats-Unis discutent avec nous et
nous consultent ». Dans ce cadre, Kamel Rezzag-Bara a annoncé que le
chargé de la lutte contre le terrorisme au niveau du département d’Etat
américain va effectuer une visite en Algérie vers le mois de février
prochain. Revenant sur la 2e réunion du groupe de contact bilatéral
algéro-britannique dans le domaine de la lutte contre le terrorisme,
tenue lundi et mardi à Londres, il a indiqué que l’objectif de ces
rencontres est de « structurer le dialogue, mettre en forme notre
concertation et d’échanger des analyses de manière périodique sur les
meilleurs moyens de mutualiser nos efforts contre cette menace globale,
sur toutes les questions qui sont liées à la lutte contre le terrorisme
transnational».


Lutte contre le terrorisme dans la région du Sahel
Alger et Londres sur la même longueur d’onde


« Le problème d’Al-Qaïda est le problème de l’ensemble des pays de la
région (du Sahel) et nous devons les assister de la manière qu’ils
souhaitent et qu’ils pensent être la plus efficace », a déclaré à
l’APS, le général-major britannique Robin Searby à l’issue des travaux
de la deuxième réunion du groupe de contact bilatéral de coopération
algéro-britannique qui a clôturé ses travaux hier soir à Londres. Pour
le militaire britannique, membre de la délégation britannique à ces
travaux et conseiller du Premier ministre en matière de lutte
antiterroriste pour la région d’Afrique du Nord, « le gouvernement
algérien est très fort dans la lutte antiterroriste et la
Grande-Bretagne est confiante et optimiste dans sa démarche », estimant
que l’Algérie adopte une approche « très efficace » en matière de lutte
contre le terrorisme et peut en servir de modèle pour les pays de la
région. Il souligne que, « pour la Grande-Bretagne, l’Algérie possède
déjà une grande expérience et nous apportons notre pleine assistance au
gouvernement algérien dans sa lutte contre al-Qaïda au Maghreb »,
soulignant la disposition de la Grande-Bretagne à offrir sa coopération
« tous azimuts », notamment dans les aspects où les Britanniques ont
une « grande expérience » et une « compétence avérée ». Une coopération
dans les domaines où les Britanniques sont traditionnellement très bons
comme, par exemple, la détection des équipements explosifs, a-t-il
expliqué, précisant que l’objectif essentiel de ces travaux est
d’établir un haut niveau de dialogue entre la Grande-Bretagne et
l’Algérie dans le domaine stratégique de la lutte contre le terrorisme.

Par : Sadek Belhocine

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