Maroc occupé: Zahra Boudkour en grève de la faim à la
prison de Marrakech
prison de Marrakech
L’étudiante qui parle trop
Les étudiants arrêtés en mai 2008 à la suite
de manifestations dans le campus de Marrakech refont parler d’eux par
la voix de Zahra Boukdour…

Du fond de sa cellule sombre et glaciale au pavillon des femmes, à
la prison civile de Boulmharez, à Marrakech, Zahra Boudkour, du haut
de ses frêles vingt printemps, refuse de céder au noir pessimisme.
Elle veut continuer à espérer qu’un jour enfin on finira
par répondre à ses revendications et à celles de ses
compagnons d’infortune. C’est qu’elle sait pertinemment que
les luttes collectives exigent souvent de durs sacrifices personnels.
Ainsi, après avoir mis sa vie en danger au terme de 46 jours de grève
de la faim continus (mouvement entamé le 10 juin 2008) pour dénoncer
leurs conditions de détention, elle revient sur le devant de la scène.
Se faisant de nouveau la porte-parole de ses 17 camarades d’université
emprisonnés comme elle à Boulmharez au lendemain des violentes
manifestations ayant opposé les étudiants de l’université
Cadi Ayad de Marrakech aux forces de l’ordre le 14 mai 2008.
Grève
Zahra Boudkour continue, avec onze autres étudiants, à attendre
la désignation par le juge d’instruction, qui vient de clore
son investigation, de la date de leur parution devant le tribunal. La jeune
femme, physiquement et moralement affectée par sa grève de
la faim, continue à envoyer depuis sa cellule des lettres aux rédactions
du pays et aux ONG humanistes internationales pour défendre les droits
de ses compagnons. Réclamant d’abord que l’administration
pénitentiaire tienne ses engagements.
A savoir les considérer
comme des détenus politiques; les séparer des prisonniers
de droit commun et les regrouper dans un même pavillon.En plus de
revendications plus prosaïques, comme le droit de visite de leurs familles,
le libre accès à la bibliothèque du pénitencier
et la permission pour les étudiants en troisième cycle de
poursuivre leur cursus depuis la prison. Mais le combat de Zahra Boudkour
ne s’arrête pas là. Les blessures du 14 mai 2008 sont
encore vives dans sa mémoire. Celle que d’aucuns considèrent
comme la meneuse de la marche estudiantine du printemps dernier, organisée
par l’Union nationale des Etudiants du Maroc (UNEM), continue à
soutenir qu’elle et une dizaine de ses camarades ont été
«brutalement battus» ce jour-là par les forces de l’ordre,
qui les auraient piégés à l’intérieur du
campus de Cadi Ayad, fouillant les chambres de la cité universitaire
et allant jusqu’à violer des jeunes filles et à défenestrer
du 4ème étage un étudiant en droit, Abdelkébir
Bahi, aujourd’hui en fauteuil roulant. Avant qu’une dizaine parmi
eux ne soient conduits au commissariat de la Place Jamaâ-El-Fna, où,
menottés et baillonnés, les yeux bandés, ils auraient
été sauvagement frappés, menacés de viol et,
pour certains, contraints de signer de faux aveux sous la torture.
Liberté
Tout cela pour avoir voulu porter devant leur doyen, Moulay M’hamed
Mrani Zantar, des demandes somme toute ordinaires: une gestion participative
du restaurant du campus (22 étudiants y avaient été
intoxiqués le 25 avril 2008); la revalorisation des bourses d’études
à 1.500 dirhams; l’amélioration des conditions d’hébergement;
ou encore la gratuité des repas et du transport pour les étudiants
de condition modeste.
L’acharnement contre Zahra et ses compagnons est tel que l’on
se demande si ce n’est pas l’exigence du «respect de la
liberté syndicale sur les campus» par l’UNEM qui a mis
en rogne les pouvoirs publics, déterminés à mater les
moindres soubresauts contestataires de ce que voilà 10 ans à
peine, d’aucuns voyaient encore comme le fief et le brasier de tous
les oppositions politiques? Quoi qu’il en soit, à ce jour, les
autorités continuent à nier les accusations portées
à leur encontre dans les émeutes estudiantines du printemps
2008. Et l’opinion publique a depuis longtemps oublié ces événements.
On est bien loin de Mai 68…
Mouna Izddine
http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_814/html_814/
etudiante.htm
comme des détenus politiques; les séparer des prisonniers
de droit commun et les regrouper dans un même pavillon.En plus de
revendications plus prosaïques, comme le droit de visite de leurs familles,
le libre accès à la bibliothèque du pénitencier
et la permission pour les étudiants en troisième cycle de
poursuivre leur cursus depuis la prison. Mais le combat de Zahra Boudkour
ne s’arrête pas là. Les blessures du 14 mai 2008 sont
encore vives dans sa mémoire. Celle que d’aucuns considèrent
comme la meneuse de la marche estudiantine du printemps dernier, organisée
par l’Union nationale des Etudiants du Maroc (UNEM), continue à
soutenir qu’elle et une dizaine de ses camarades ont été
«brutalement battus» ce jour-là par les forces de l’ordre,
qui les auraient piégés à l’intérieur du
campus de Cadi Ayad, fouillant les chambres de la cité universitaire
et allant jusqu’à violer des jeunes filles et à défenestrer
du 4ème étage un étudiant en droit, Abdelkébir
Bahi, aujourd’hui en fauteuil roulant. Avant qu’une dizaine parmi
eux ne soient conduits au commissariat de la Place Jamaâ-El-Fna, où,
menottés et baillonnés, les yeux bandés, ils auraient
été sauvagement frappés, menacés de viol et,
pour certains, contraints de signer de faux aveux sous la torture.
Liberté
Tout cela pour avoir voulu porter devant leur doyen, Moulay M’hamed
Mrani Zantar, des demandes somme toute ordinaires: une gestion participative
du restaurant du campus (22 étudiants y avaient été
intoxiqués le 25 avril 2008); la revalorisation des bourses d’études
à 1.500 dirhams; l’amélioration des conditions d’hébergement;
ou encore la gratuité des repas et du transport pour les étudiants
de condition modeste.
L’acharnement contre Zahra et ses compagnons est tel que l’on
se demande si ce n’est pas l’exigence du «respect de la
liberté syndicale sur les campus» par l’UNEM qui a mis
en rogne les pouvoirs publics, déterminés à mater les
moindres soubresauts contestataires de ce que voilà 10 ans à
peine, d’aucuns voyaient encore comme le fief et le brasier de tous
les oppositions politiques? Quoi qu’il en soit, à ce jour, les
autorités continuent à nier les accusations portées
à leur encontre dans les émeutes estudiantines du printemps
2008. Et l’opinion publique a depuis longtemps oublié ces événements.
On est bien loin de Mai 68…
Mouna Izddine
http://www.maroc-hebdo.press.ma/MHinternet/Archives_814/html_814/
etudiante.htm