La neuvième capitale provinciale tombe aux mains des talibans qui contrôlent désormais 65 % du pays.


International (LVO) : Alors que les talibans continuent de progresser rapidement en Afghanistan, ils ont pris le contrôle d’une autre capitale provinciale dans le nord du pays ravagé par la guerre, portant à neuf le nombre de villes qu’ils ont libérées depuis vendredi, ce qui constitue le dernier revers pour le gouvernement installé par les États-Unis d’Amérique.

La dernière ville libérée est Faizabad, la capitale de la province de Badakhshan, au nord-est du pays, dont les combattants talibans ont pris le contrôle mercredi.

Jawad Mujadidi, membre du conseil provincial de Badakhshan, a déclaré à Reuters que les militants talibans avaient pris la majeure partie de la province et assiégé Faizabad avant de lancer une offensive mardi, ajoutant que les forces gouvernementales s’étaient retirées dans un district voisin après une longue bataille dans la ville.

La province du Badakhshan, située à l’extrême nord-est du pays, est bordée par le Tadjikistan, le Pakistan et la Chine.

À la suite de ce développement, la Russie a déclaré que les militants talibans ont pris le contrôle d’une grande partie des frontières de l’Afghanistan avec le Tadjikistan et l’Ouzbékistan, soulignant qu’elle continuerait à organiser des exercices conjoints avec ses alliés d’Asie centrale.

Ces propos ont été tenus par le ministre russe de la Défense, Sergei Shoigu, mercredi, précisant que la poursuite des exercices intervient malgré le fait que les talibans ont promis de ne pas franchir la frontière, selon le quotidien Kommersant.

Les troupes de la Russie, de l’Ouzbékistan et du Tadjikistan ont tenu des exercices militaires conjoints près de la frontière avec l’Afghanistan, où le groupe militant des Talibans a, au cours du mois dernier, intensifié ses offensives contre les forces gouvernementales afghanes pour s’emparer de nouveaux territoires.

Moscou s’est déjà engagé à fournir à son allié d’Asie centrale, le Tadjikistan, une assistance militaire en cas de menace pour la sécurité émanant de l’Afghanistan, les talibans continuant à gagner des territoires.

La perte de Faizabad est survenue le jour même où le président afghan Ashraf Ghani s’est envolé pour la ville de Mazar-i-Sharif, la plus grande ville du nord qui joue un rôle essentiel pour le gouvernement dans le maintien du contrôle US de la région et connue pour les violes et tortures de masse qui y ont été largement pratiqués depuis l’agression militaire américaine contre l’Afghanistan.

Le président Ghani est arrivé dans la ville mercredi pour rallier ses forces assiégées, alors que les talibans se rapprochent des faubourgs de la ville.

Selon un communiqué publié par le palais, M. Ghani prévoit de « vérifier la sécurité générale dans la zone nord ».

Il est également probable qu’il s’entretiendra avec Atta Mohammad Noor, l’homme fort de Mazar-i-Sharif depuis longtemps, et avec le tristement célèbre seigneur de la guerre Abdul Rashid Dostum sur les moyens de défendre la ville.

L’effondrement de la ville donnerait aux talibans le contrôle total du nord de l’Afghanistan.

Les forces afghanes repoussent l’attaque des talibans sur Mazar-i-Sharif : gouverneur

Le gouverneur de Balkh, Mohammad Farhad Azimi, a déclaré que les forces de sécurité et de défense nationales afghanes (ANDSF) ont repoussé une offensive des talibans sur Mazar-i-Sharif.

Selon M. Azimi, les ANDSF et les talibans se sont affrontés lundi soir dans le district de Nahr-e-Shahi de la province de Balkh, dans le nord de l’Afghanistan, obligeant les talibans à se retirer de la zone après avoir fait face à une forte résistance des forces de sécurité afghanes.

« Les talibans ont concentré leur attention sur la province de Balkh pour en prendre le contrôle », a déclaré M. Azimi.

Sultan Musavi, le chef de la police de Nahr-e-Shahi, a déclaré :

« Nous avons réussi à reprendre cette zone tout en faisant face à une forte résistance et avec l’aide du soutien aérien. »

Les talibans ont déclaré mardi qu’ils se rapprochaient de Mazar-i-Sharif, après s’être emparés de Sheberghan à l’ouest, et de Kunduz et Taloqan à l’est.

Fawad Aman, porte-parole adjoint du ministère de la Défense nationale, a également déclaré que les forces afghanes avaient le dessus dans la ville.

Un certain nombre d’habitants d’un village du district de Dehdadi, dans le centre de la province de Balkh, ont également déclaré que les combattants talibans avaient tiré des mortiers en direction du centre d’entraînement du 209e corps militaire de Shaheen à plusieurs reprises au cours des derniers jours, ajoutant que les habitants locaux avaient très peur et fuyaient la zone.

Les combats à Balkh ont déplacé des centaines de familles.

Deux villes de plus tombent aux mains des talibans alors que des milliers de personnes fuient le nord de l’Afghanistan

Les talibans ont capturé en quelques heures, mardi soir, Pul-e-Khumri, capitale de la province septentrionale de Baghlan, et la ville de Farah, dans l’ouest de l’Afghanistan.

Mamoor Ahmadzai, député de Baghlan, a déclaré à l’AFP que les militants talibans étaient désormais dans la ville, ajoutant :

« Ils ont hissé leur drapeau sur la place principale et sur le bâtiment du bureau du gouverneur. »

Les talibans ont également confirmé la prise des deux villes dans des tweets séparés.

Plus tôt, les militants ont envahi six capitales provinciales dans le nord du pays.

Ils continuent à prendre le contrôle des provinces stratégiques du nord de l’Afghanistan, qui ont traditionnellement été le bastion de la lutte anti-talibane.

Les talibans prennent la sixième capitale provinciale afghane, Aibak : Selon le gouverneur adjoint.

Alors que les combats font rage, des milliers de personnes ont fui leurs foyers dans le nord pour rejoindre la sécurité relative de Kaboul et d’autres centres urbains.

Dans la province de Kunduz, au nord-est du pays, qui a été prise par le groupe militant au cours du week-end, les magasins ont commencé à rouvrir dans le centre.

Les combattants ont concentré leur attaque sur les forces gouvernementales qui ont été repoussées vers l’aéroport voisin.

Alors que les combats font rage, Michelle Bachelet, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a prévenu que la guerre déclenchait une nouvelle crise humanitaire.

« À moins que toutes les parties ne retournent à la table des négociations et ne parviennent à un règlement pacifique, la situation déjà atroce pour tant d’Afghans ne fera qu’empirer », a déclaré Mme Bachelet.

Elle a également noté que des rapports faisant état de violations qui pourraient s’apparenter à des crimes de guerre et à des crimes contre l’humanité font leur apparition.

Gulam Bahauddin Jailani, chef de l’autorité nationale chargée des catastrophes, a déclaré à Reuters que les combats se poursuivaient dans 25 des 34 provinces et que 60 000 familles avaient été déplacées au cours des deux derniers mois, la plupart cherchant refuge à Kaboul.

Les talibans contrôlent désormais 65 % du pays.

Les talibans s’engagent à participer aux négociations de Doha, le gouvernement afghan exige un médiateur

Mardi, un porte-parole du bureau politique des talibans a déclaré à la chaîne de télévision Al Jazeera que le groupe était attaché à la voie des négociations dans la capitale qatarie, Doha, et qu’il ne voulait pas qu’elles échouent.

Un membre de la délégation du gouvernement afghan participant aux négociations de Doha, qui a également parlé à la chaîne qatarie, a déclaré que le gouvernement exigeait la présence d’un médiateur dans les négociations « pour déterminer le sérieux des parties ».

Les talibans « n’ont aucun intérêt à négocier, mais plutôt à atteindre leurs objectifs par la violence. La communauté internationale devrait faire pression sur les talibans pour qu’ils fassent preuve de sérieux », a déclaré le fonctionnaire tellement crédible qu’il a préféré rester anonyme pour lancer une telle accusation gratuite et qui déborde de pétrodollars.

En réponse, le porte-parole des talibans a déclaré que « c’est le gouvernement qui a rejeté le principe d’un médiateur, pas les talibans », ajoutant :

« Nous demandons à la communauté internationale d’évaluer avec précision la réalité sur le terrain. »

La violence s’est intensifiée dans tout l’Afghanistan à la suite du retrait des forces étrangères dirigées par les États-Unis du pays. L’invasion de l’Afghanistan en 2001 a chassé les talibans du pouvoir, mais a aggravé la situation sécuritaire et sanitaire du pays.

Le président américain Joe Biden a exhorté les dirigeants afghans à se battre pour leur patrie (celle de Biden).

Le président américain a également affirmé qu’il ne regrettait pas sa décision de retirer ses forces après la défaite de la plus longue guerre des États-Unis dans ce pays.

M. Biden a également déclaré que les États-Unis continuaient à fournir un soutien aérien important, de la nourriture, des équipements et des salaires aux forces afghanes.

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