
La Russie le fait savoir : « Le G7 vole l’argent des autres »
Ce mercredi, la Russie, la diplomatie russe, a qualifié de « banal vol » l’aide de 20 milliards de dollars promise la veille par les Etats-Unis à l’Ukraine. Une somme qui sera générée par les intérêts des avoirs russes, gelés du fait des sanctions internationales. Les Russes ont promis des représailles.
Mardi, Washington a débloqué 20 milliards de dollars pour l’Ukraine, représentant près de la moitié des 50 milliards promis par le G7. Après des mois de discussions, les dirigeants du G7 avaient conclu en octobre un accord pour utiliser les intérêts générés par les avoirs souverains russes gelés dans leurs juridictions du fait des sanctions internationales.
Un « élan russophobe » de Biden
« Ces fonds – financés par les recettes exceptionnelles provenant des actifs immobilisés de la Russie – fourniront à l’Ukraine un soutien essentiel », a assuré mardi la secrétaire au Trésor, Janet Yellen. « Le G7 vole l’argent des autres », a lancé mercredi la diplomatie russe, fustigeant « l’élan russophobe » du gouvernement de Joe Biden, à quelques semaines de la fin de son mandat aux Etats-Unis.
« Aucune astuce pseudo-juridique, largement assaisonnée d’hypocrisie et de deux poids, deux mesures, ne restera sans réponse », a averti le ministère russe des Affaires étrangères.
Et de rappeler :
« La Russie dispose d’une capacité et d’une influence suffisantes pour riposter en saisissant les actifs occidentaux sous sa juridiction ».
Nouvelle salve de sanctions à l’encontre de la Russie.
Les pays membres de l’Union européenne se sont mis d’accord ce mercredi 11 décembre 2024 pour sanctionner environ 50 navires supplémentaires de la « flotte fantôme » russe. Cette dernière permet à Moscou de continuer à exporter son pétrole en contournant les restrictions occidentales.
« Les partenaires de l’UE et du G7 sont déterminés à maintenir la pression sur le Kremlin », a souligné mercredi la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sur le réseau social X.
Une mesure annoncée officiellement dans le cadre du quinzième paquet de sanctions de l’UE visant les intérêts russes depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Des diplomates ont expliqué que le nouveau paquet de sanctions entraînerait l’ajout d’environ 50 navires supplémentaires à la liste noire de l’UE, portant leur nombre total à environ 75. Ces nouvelles sanctions seront, par ailleurs, entérinées lundi par les Vingt-Sept.
L’administration Biden, qui s’évertue à accélérer son aide à l’Ukraine avant la passation de pouvoirs à l’administration Trump, le 20 janvier, avait annoncé samedi une aide estimée à 988 millions de dollars à Kiev. Le président élu a, quant à lui, exprimé son intention de réduire l’aide américaine à l’Ukraine. Il a réitéré que Kiev devait s’attendre à « probablement » moins d’aide des Etats-Unis, dans une interview diffusée dimanche – la veille de sa rencontre à Paris avec le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.
« En ce moment même, (Vladimir) Poutine engage notre coalition dans une compétition de volontés, comptant sur nous pour nous fatiguer et finalement battre en retraite », a mis en garde Janet Yellen.
Mais elle a évoqué le « message de détermination sans équivoque » apporté avec cet accord du G7, « en faisant en sorte que la Russie supporte de plus en plus les coûts de sa guerre, à la place des contribuables » des pays occidentaux.
Les alliés européens de l’Ukraine craignent un désengagement des Etats-Unis dans ce conflit voire des pressions américaines pour un accord au détriment de Kiev.
Donald Trump menace également de faire sortir les Etats-Unis de l’Otan, demandant aux Alliés de contribuer davantage financièrement.
« Soutenir l’Ukraine, c’est aussi vital pour l’intérêt national des États-Unis. Laisser tomber l’Ukraine encouragerait encore l’agression menée par (Vladimir) Poutine et mettrait en péril la sécurité de nos alliés de l’Otan en Europe, que nous sommes engagés par traité à défendre », a précisé le département du Trésor.
Le G7 rassemble sept des économies les plus avancées au monde: Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni.
Le montant des actifs russes gelés dans ces pays – pour une large partie en Belgique auprès de la chambre de compensation Euroclear – s’élève à quelque 300 milliards d’euros qui génèrent jusqu’à trois milliards d’euros de revenus par an.
Comment piller l’argent des contribuables de la C.E., sans que quiconque s’y oppose ?
