75 % des enfants yéménites souffrent de  » malnutrition chronique  » averti l’OMS


L’OMS lance un avertissement : 75 % des enfants yéménites souffrent de « malnutrition chronique », la population yéménite est plongée dans l’insécurité alimentaire.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a averti que 75 % des enfants yéménites souffrent de malnutrition aiguë, alors que l’Arabie saoudite continue de bombarder ce voisin appauvri du sud, au mépris des appels internationaux à mettre fin à sa guerre sanglante.

Dans un message publié lundi sur son compte Twitter, l’agence des Nations unies chargée de la santé publique internationale a averti que trois enfants sur quatre au Yémen souffrent de « malnutrition chronique ».

Elle a également estimé que 16,2 millions de Yéménites – plus de la moitié des 30 millions d’habitants du pays – sont en situation d’insécurité alimentaire.

Près de 16,2 millions de Yéménites sont en situation d’insécurité alimentaire, et 3 sur 4 👶 souffrent de malnutrition chronique. En partenariat avec l’Agence allemande pour la coopération internationale et le ministère de la Santé publique, l’OMS a maintenu pendant plus d’un an des soins nutritionnels qui ont sauvé la vie de 9 384👶.#Yémen pic.twitter.com/uMU7P1scnh
– OMS Yémen (@WHOYemen) 15 novembre 2021

La malnutrition aiguë est responsable de près d’un tiers des décès d’enfants de moins de cinq ans. Elle nuit au développement physique de l’enfant et provoque des déficiences intellectuelles ou cognitives chez ceux qui survivent. La malnutrition est en grande partie irréversible, perpétuant la maladie, la pauvreté et l’inégalité.

En février dernier, quatre agences des Nations unies, dont l’OMS, ont prévenu que la malnutrition aiguë et la malnutrition aiguë sévère avaient augmenté de 16 et 22 %, respectivement, chez les enfants yéménites de moins de cinq ans à partir de 2020.

Ces chiffres figurent parmi les plus hauts niveaux de malnutrition enregistrés dans le pays depuis le début de la guerre saoudienne en 2015, ont-ils ajouté.

« Le nombre croissant d’enfants souffrant de la faim au Yémen devrait nous choquer tous et nous pousser à agir », avait alors déclaré la directrice générale de l’UNICEF, Henrietta Fore. « Plus d’enfants mourront avec chaque jour qui passe sans action. Les organisations humanitaires ont besoin de ressources prévisibles urgentes et d’un accès sans entrave aux communautés sur le terrain pour pouvoir sauver des vies. »

Aujourd’hui, le Yémen est l’un des endroits les plus dangereux au monde pour que les enfants grandissent, avec des taux élevés de maladies transmissibles, un accès limité aux services de santé et des systèmes d’assainissement et d’hygiène inadéquats.

Le mois dernier, le Conseil de sécurité des Nations unies s’est déclaré « gravement préoccupé par la situation humanitaire désastreuse [au Yémen], y compris la famine prolongée et le risque croissant de famine à grande échelle, qui est aggravé par la situation économique désastreuse ».

L’Arabie saoudite, soutenue par ses alliés régionaux et occidentaux, a lancé l’agression militaire dévastatrice contre son voisin du sud en mars 2015, en collaboration avec un certain nombre de ses États alliés et avec le soutien en armes et en logistique des États-Unis et de plusieurs États occidentaux.

L’objectif était de ramener au pouvoir l’ancien régime soutenu par Riyad et d’écraser le mouvement populaire Ansarullah qui gère les affaires de l’État en l’absence d’un gouvernement efficace au Yémen.

La guerre s’est arrêtée bien loin de tous ses objectifs, bien qu’elle ait tué des dizaines de milliers de Yéménites et transformé le Yémen tout entier en théatre de la pire crise humanitaire au monde.

Entre-temps, les forces yéménites sont montées en puissance ces derniers mois contre les envahisseurs dirigés par les Saoudiens et ont laissé Riyad et ses alliés enlisés au Yémen.

Tout au long de la guerre, les États-Unis ont soutenu et armé l’Arabie saoudite. Le mouvement Ansarullah, qui dirige le gouvernement de Sanaa, qualifie fréquemment la guerre d' »agression américano-saoudienne » pour souligner le rôle prépondérant de Washington dans cette guerre.

Malgré sa promesse de février de mettre fin à « tout soutien américain aux opérations offensives dans la guerre au Yémen, y compris les ventes d’armes correspondantes », le président américain Joe Biden a récemment approuvé l’achat d’armes pour un montant de 650 millions de dollars à l’Arabie saoudite.

S.B.

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